Des rénovations pour valoriser l'art canadien

Le Musée des beaux-arts du Canada entreprend la... (PATRICK WOODBURY, Le Droit)

Agrandir

Le Musée des beaux-arts du Canada entreprend la transformation la plus ambitieuse de ses salles depuis l'ouverture de l'édifice en 1988.

PATRICK WOODBURY, Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Fluidifier, décloisonner, libérer l'espace... Le vocabulaire du designer et muséographe Adrien Gardère se veut moderne et dynamique, inclusif aussi. Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) a fait appel à lui pour redessiner les salles de sa collection d'art canadien. Bien plus qu'un simple réaménagement d'espace, le nouveau parcours réunira pour la première fois les collections autochtones et européennes sur les mêmes cimaises.

Pour tous les curieux de l'art, l'adresse est incontournable à Ottawa : 380 Sussex. Mais depuis août 2016, les salles d'art canadien sont fermées au public. Elle rouvriront le 15 juin sous le nom de «salles d'art canadien et autochtone»; un changement de perspective historique qui devait s'accompagner d'une refonte du lieu pour exposer davantage d'oeuvres, améliorer l'accessibilité et l'expérience du visiteur. Depuis l'ouverture du bâtiment en 1988, de tels travaux n'avaient encore jamais été entrepris au sein de cette institution muséale nationale.   

De nouveaux volumes, un parcours des collections modifié, un réaménagement complet des planchers au système d'éclairage, en passant par les vitrines d'exposition et le contenu didactique. Coût de l'opération: 7,4 millions de dollars. 

Le résultat va en surprendre plus d'un : pas d'architecture spectacle mais des espaces aérés, des murs abattus, des salles agrandies au profit d'un accrochage qui sera repensé pour «élargir les perspectives sur l'art canadien», a présenté le directeur du musée Marc Mayer.  

«Il était temps de rafraîchir ces salles, de les adapter au public actuel», a-t-il souligné lors de la visite en bottes et casques de chantier. 

«Nous tenions aussi à élargir notre approche de l'histoire du Canada en racontant l'influence que les cultures européennes et autochtones ont eue l'une sur l'autre.» La nouvelle direction donnée à la présentation de l'art canadien doit abattre des murs, au propre comme au figuré. 

Repenser un musée du XXe siècle    

Le choix du designer et muséographe Adrien Gardère s'est imposé, le Français s'étant illustré pour ses réalisations au Musée du Louvre-Lens, au Musée d'art islamique au Caire ou encore l'Aga Khan Museum de Toronto, entre autres. Sa mission au MBAC ? «Donner un nouveau souffle à un espace très fragmenté où les nombreuses salles, parfois sans issue, créaient un sentiment de claustrophobie.»      

Les rénovations proposées par Adrien Gardère conservent l'architecture originale de Moshe Safdie. 

Mais le nouveau circuit n'a plus rien à voir avec ce que l'on a connu. Bien sûr, le jardin, la chapelle Rideau et l'atrium existent toujours : il ne fallait pas y toucher et le nouveau parcours est conçu pour les mettre en avant. Pour le reste, la visite est une petite révolution au premier étage du musée. Autrefois compartimentées, les salles latérales offrent de plus profondes perspectives, passant de 18 à 16. Les oeuvres pourront s'y déployer dans un vaste espace décloisonné plus propice à la déambulation. La traversée, que l'on a voulue intuitive, a été repensée en fonction d'un code de couleurs murales. 

«Ces couleurs créent des accentuations qui valorisent des groupes d'oeuvres et instaurent un rythme,» explique l'architecte. Des ouvertures vitrées donnant sur la rue Sussex invitent à la contemplation et «réinscrivent le musée dans la ville.»   

Autres nouveautés annoncées: la traduction des cartels dans la langue de l'artiste exposé ainsi que l'amélioration du contenu informatif pour chaque oeuvre. Les artefacts devraient bénéficier, nous promettons, d'une meilleure mise en contexte dans la future présentation qui ne se contentera plus d'être «chronologique et didactique.»   

Sur son site Internet, le Musée inscrit ces transformations dans les célébrations du 150e anniversaire de la Confédération. 

Une seconde étape des travaux est prévue en 2018 pour mettre en avant la chapelle Rideau.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer