Don Monet, le galeriste au cigare

Don Monet... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Don Monet

Patrick Woodbury, Le Droit

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Milieu d'après-midi, grisaille et pluie. Don Monet a ouvert la galerie il y a plus de 10 ans, rue Wellington à Westboro. Sa première exposition de l'année met en avant dix artistes qui l'ont enthousiasmé en 2016. Un titre s'imposait, en toute simplicité : Ten. Jusqu'au 29 janvier.

Les habitués du quartier ont déjà croisé son visage. Un cigare à proximité des lèvres, le regard à l'affût des bonnes affaires en art contemporain : l'homme est d'abord un personnage, un de ceux qui comptent dans l'histoire d'une ville et d'un artiste. 

Depuis son installation au « Cube » en 2005, Don Monet suit de près certains artistes, dont le peintre Russel Yuristy, qui devait naturellement se retrouver dans l'exposition avec l'une des toiles les plus imposantes de la collection :  Courting Sockeye (1990).

À ses côtés, Susan Ukkola a déjà vendu son Red circle with horizon, une peinture à l'encaustique partie pour 1400 $. En tout, une vingtaine de toiles, photographies et collages inaugurent la nouvelle saison de la galerie Cube.

« Une approche catholic, ça se traduit comment en français ?, nous demande le galeriste anglophone. Pas catholique, mais « éclectique, » assurément.  

Don Monet tient boutique tous les jours sauf les lundis, bon an mal an. L'homme n'a pas la langue dans sa poche. Il râle contre les impôts municipaux « qui taxent la galerie comme un McDo», s'excuse avant de s'éclipser fumer un cigare, revient faire le portrait de ses dernières recrues, dont la photographe Christine Fitzgerald qu'il représente depuis six mois à peine. Il lui consacrera une exposition solo en juillet. 

Pour optimiser l'efficacité de son espace, Don Monet n'hésite pas à exploiter les moindres recoins de la galerie : fenêtres et portes sont réquisitionnées pour l'accrochage, quitte à condamner une partie de la luminosité naturelle pour ajouter une peinture à l'exposition. 

Au-dessus de son bureau, il a choisi de mettre en évidence les oeuvres de la seule Québécoise du groupe, Julie St-Amand. Mais tous les artistes sélectionnés font partie « de la famille Cube », assure-t-il : Norman Takeuchi - dont le Pink Kimono a été réalisé expressément pour l'exposition - et aussi Rosalie Favell, Eric Walker, Barbara Gamble, Susan Ukkola, Peter Fischer et Ruth Dick.

Vendre, un défi en soi

Certaines oeuvres ont déjà été exposées et bénéficient ici d'une seconde chance dans l'optique d'une vente éventuelle; d'autres le sont pour la toute première fois.

« De nos jours, il est difficile de vendre l'art, grommelle le galeriste. Les gens préfèrent acheter un nouvel évier qu'investir dans une oeuvre ! » 

On a beau être marchand, on a aussi ses principes. Don Monet refuse de répondre aux artistes qui lui demandent ce qu'ils devraient changer pour mieux se vendre. Il insiste sur cette indépendance, difficile à préserver quand on fait ses gammes : « le plus important, c'est qu'ils restent eux-mêmes, et non qu'ils changent pour plaire aux goûts du public».

Dans un contexte morose pour l'art, Cube s'ouvre aussi aux locations pour des événements privés. Le téléphone sonne. Une demande de réservation. « Pendant les heures d'ouverture de la galerie, c'est non ! », insiste le galeriste. Un engagement pour l'art et les créateurs contemporains qu'il n'est pas décidé à abandonner.

Pour y aller

Jusqu'au 29 janvier

Galerie Cube

613-728-1750 ; cubegallery.ca

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