Une relève à (re)découvrir

Hajra Waheed semble mettre en scène des objets... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Hajra Waheed semble mettre en scène des objets tombés du ciel dans cette installation présentée dans le cadre d'une exposition des cinq finalistes des Prix Sobey, au MBAC.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les figures parfois évanescentes ou la jute laissée nue dans les paysages et toiles de l'artiste Crie Brenda Draney renvoient avec efficacité à l'érosion et à la disparition tant culturelles que géographiques des Premiers Peuples.

Les objets peut-être tombés du ciel mis en scène par la Montréalaise Hajra Waheed évoquent la possible surveillance par satellite, entre autres.

«J'ai grandi dans une enceinte protégée, mais où il devenait aussi facile de surveiller les gens qui y habitaient...» raconte Mme Waheed, qui a en partie grandi en Arabie saoudite pendant les guerres du Golfe.

«Or, qu'apprend-on sur les gens, en ne récoltant que des bribes d'informations sur eux? Que comprend-on des événements quand on n'a accès qu'à des versions fragmentées de ce qui se passe? Et ce qu'on voit, est-ce ça date d'hier ou est-ce en train de se dérouler maintenant?» soulève la trentenaire.

Toute son installation renvoie à ces questions sur ce qu'elle appelle «l'occupation verticale». Des dessins retraçant entre autres la trajectoire d'un morceau détaché de satellite échouant en haute mer (ou ne serait-ce pas plutôt celle d'un missile lancé vers sa cible?) aux objets réunis au centre de la salle qui pourraient être autant de pièces dudit satellite, chacun étant présenté accompagné avec des dossiers le cataloguant, l'analysant, leur donnant du coup une forme de légitimité, de vérité. 

Ce faisant, Hajra Waheed ne cherche pas à réécrire l'histoire, mais à l'interroger. Elle essaie «de donner un sens à ces fragments et au chaos», qui se répercutent aujourd'hui dans les médias sociaux comme Twitter ou Snapchat, par exemple, qui morcellent ce que les gens pensent ou veulent montrer d'eux-mêmes.

Bref, les oeuvres des cinq finalistes des prix Sobey pour les arts 2016 interpellent le visiteur à plus d'un niveau. De la perte identitaire à la notion de vie privée, en passant par le jeu des (dés)illusions, l'exposition propose des univers de création qui peuvent curieusement se faire écho.

Ainsi, les effets kaléidoscopiques des photographies de presse encadrées sous lentilles angulaires (rappelant les faces d'un diamant) répondent aux images fragmentées de Hajra Waheed dans d'autres dimensions, par exemple.

Mitrailleuse de vaisseau solaire - Métallurgie 1, l'oeuvre multimédia de William Robinson, relate quant à elle comment des cloches d'églises ont été d'abord fondues pour en faire des armes pendant la Deuxième Guerre, puis des saxophones...

Documents et projections à l'appui, Charles Stankievech joue pour sa part du vrai et du faux, notamment par le biais de la fascinante figure d'Anthony Blunt, historien d'art (et agent double) britannique qui a notamment convaincu le MBAC d'acheter le tableau Auguste et Cléopâtre en l'attribuant (à tort) au peintre Nicolas Poussin, vers 1950.  

Créé en 2002, le Prix Sobey  pour les arts s'avère aujourd'hui la plus importante récompense décernée à des artistes contemporains du pays âgés de 40 ans et moins. Le prix 2016  sera remis le 1er novembre prochain.

Le vernissage de l'exposition a lieu ce jeudi, à 18 h, en présence des artistes.

Pour y aller

Jusqu'au 5 février 2017

Musée des beaux-arts du Canada

613-990-1985; beaux-arts.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer