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L'endroit ne paie pas de mine. De fait, il s'agit justement d'une exposition... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Patrick Woodbury, LeDroit

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L'endroit ne paie pas de mine. De fait, il s'agit justement d'une exposition numérique, à découvrir au deuxième étage de la galerie Voix Visuelle, à Vanier. Une unique salle plongée dans l'obscurité et cernée par dix écrans reliés sur écouteurs.

Pentadécagone, organisée par le Bureau des regroupements des artistes visuels de l'Ontario (BRAVO), projette en boucle les vidéos de dix artistes de la région - la moitié d'entre eux étant d'origine africaine.

« Il y a un an, le directeur du regroupement Yves Larocque nous a proposé de nous jumeler avec un artiste africain de notre choix, raconte la peintre Luce Marquis. Chacun devait produire une vidéo avec son partenaire. » Une façon de sortir les membres du regroupement de leur zone de confort, la plupart d'entre eux n'ayant jamais travaillé avec ce médium.

Après une formation auprès de l'artiste vidéaste Izabel Barsive, Luce Marquis choisit de travailler en binôme avec une autre consoeur peintre, Aminata Farmo, d'origine nigériane. 

Leurs deux vidéos, mises en parallèle dans l'exposition, jouent la partition des oppositions: d'un côté, la musique folklorique, les couleurs saturées, la mise en scène d'un burger dévoré chez Aminata Farmo; de l'autre, la silencieuse et éthérée sortie de Luce Marquis au zoo de Montebello, où elle nourrit patiemment des biches sous une lumière surexposée. 

Déchirement, ainsi s'intitule leur projet où l'une questionne son attachement à ses racines africaines dans un pays où la vache est sacrée tandis que l'autre, végane militante, célèbre son amour des bêtes et cherche à recréer un univers de douceur, « abri psychique » où l'artiste aime à se retrancher. 

Toutes les vidéos de cette exposition parlent d'histoires intimes, posent une réflexion sur soi et les autres. Il n'est pas rare de retrouver des photos de famille exhumées, archives personnelles mises en scène à l'écran. 

Nancy Brandsma nous invite ainsi à observer et ressentir les pensées d'une dame âgée à travers les décennies dans Le temps d'une vie

Le duo Soro Zana/Raymond Aubin livre un diptyque sur la transmission des valeurs d'une génération à l'autre ; ils évoquent ainsi les différences que vivent les sociétés canadienne et ivoirienne par rapport à l'héritage véhiculé. 

Les récits se recoupent avec succès dans Le fruit du labeur, deux histoires familiales symétriquement opposées : dans sa vidéo, Laurent Vaillancourt raconte la vie de son oncle missionnaire « parti en Afrique aider les lépreux ». De son côté, le père Cyrille Ogbabo se met en scène marchant dans la neige dans le nord de l'Ontario pour « aller porter secours au diocèse de Hearst qui manque de religieux. » Ironie des déplacements de l'histoire où les rôles sont inversés...

Pour y aller

Quand: Jusqu'au 9 septembre

Où: Voix Visuelle, 67 avenue Beechwood

Renseignements: 613-748-6954

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