La Filature retourne à ses origines

Les arts textiles ne tiennent qu'à un fil à la galerie d'art Axenéo7, secteur... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Patrick Woodbury, LeDroit

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Les arts textiles ne tiennent qu'à un fil à la galerie d'art Axenéo7, secteur Hull. Deux expositions y tissent leur toile pour faire connaître les univers des artistes Tamar Frank et Anne-Marie Ouellet. Un tour au « hub » de la Triennale s'impose...

Centre d'exposition issu lui-même d'une manufacture de laine, le bâtiment de La Filature abrite désormais des artistes plasticiens, performeurs et musiciens. Pour la première fois, il s'associe à la Triennale internationale des arts textiles en Outaouais en programmant les projets les plus avant-gardistes de l'édition.

«Les artistes textiles sont souvent relégués aux festivals d'arts et métiers, note Stefan St-Laurent, directeur d'Axenéo7. Nous avons choisi de sélectionner les projets qui repoussaient les limites de cet art.» 

Le regain d'intérêt pour l'expression manuelle s'accompagnerait d'une redéfinition du territoire de l'art contemporain; c'est, en tout cas, ce que démontrent les installations Entrelacé et Tenue sociale (ci-contre) à l'affiche jusqu'au 18 septembre.  

Dans la première salle faisant face à l'entrée, vient de surgir un cercle de huit capes à capuches, costumes créés par la montréalaise Anne-Marie Ouellet. L'artiste a réalisé une expérience auprès de huit participants en leur proposant d'imaginer une action que le groupe pourrait mener, dans l'espace public, affublé de l'uniforme. Le résultat des discussions collectives et de la décision finale sera projeté sur les cimaises de la galerie. Anne-Marie Ouellet a également bénéficié d'une résidence d'un mois à Axenéo7 pour réaliser son projet. Elle en a profité pour questionner des travailleurs portant l'uniforme - policiers, facteurs, employés dans la restauration - afin d'analyser le vêtement professionnel comme symbole d'identification, de protection et de standardisation. Mais au-delà des préoccupations vestimentaires et textiles, c'est surtout l'organisation au sein d'un groupe - synecdoque de la société - qui a préoccupé l'artiste. « Finalement, je ne me suis pas tant intéressée à l'utilisation finale de l'uniforme qu'à la dynamique du groupe », résume-t-elle. 

Le procédé de fabrication en dit long sur le sens d'une oeuvre. Chaque idée en appelle à sa propre technique. Dans l'installation de la néerlandaise Tamar Frank, Entrelacé, la lumière constitue l'élément plastique premier. L'artiste tisse l'espace à la manière d'une dentellière : elle tend patiemment 14 040 fils phosphorescents en volutes qui réverbéreront des jeux de lumière pendant 4 minutes environ. Dans une pièce entièrement plongée dans l'obscurité, le spectateur est invité à changer de point de vue jusqu'au noir final, acmé de ce projet fascinant déjà présenté à Birmingham, Amsterdam et Bruges. 

« Je travaillais avec des filets de pêche quand j'ai été séduite par les rais de lumière capturés par la matière, raconte l'artiste. Le phénomène rappelle celui des toiles d'araignée, mais il y a aussi un effet immatériel fascinant. »

Travailler aux confins de l'art textile, en repousser les concepts et proposer des formes nouvelles, voir flotter mille idées possibles, c'est le fil directeur de la programmation d'Axenéo7 à découvrir jusqu'au 18 septembre.

Pour y aller

Quand? Jusqu'au 18 septembre

Où? La Filature, 80 rue Hanson

Renseignement? axeneo7.qc.ca

L'art textile pris dans trois « toiles »

La galerie Axenéo7 projettera l'intégralité de la série de films documentaires sur les arts textiles contemporains, ethno-culturels et historiques. Toutes les séances sont gratuites. 

Mercredi 31 août à 19 h, le public pourra assister à la projection de A weaverly path, the tapestry life of Silvia Heyden, un film documentaire américain de Kenny Dalsheimer sur cette tisserande réputée pour ses tapisseries. La séance inclut également le court-métrage Lady with luggage, de Kerstin Linström, filmé à partir d'une performance collective réalisée à Paris en 2014. 

Le deuxième programme de projections aura lieu le 7 septembre à 19 h avec le retour de Lady with luggage, et la présentation de Woven lives, de Carolyn Kallenborn, un documentaire sur l'art textile mexicain de l'État de Oaxaca, dans le sud du pays.   

Enfin, la troisième projection se tiendra le 14 septembre à 19 h avec un programme de courts comprenant plusieurs films réalisés pour célébrer le 20e anniversaire du Centre de Textiles contemporains de Montréal.

Tous les sites en un clin d'oeil

Afin de faciliter l'expérience des visiteurs qui voudront profiter de la Triennale internationale des arts textiles, les nombreuses expositions et installations ont été regroupées sous un même circuit, baptisé La Route des arts textiles. «L'idée de regrouper tous les événements sur une même carte nous est venue des commentaires des visiteurs des éditions précédentes», explique la cofondatrice de la Triennale. 

Disponible sur le site internet de la Triennale (triennale-outaouais.com), la carte de La Route des arts textiles permet un seul coup d'oeil d'apprécier les nombreuses activités offertes. «La carte reflète aussi l'ampleur de la Triennale !» admet Gaby Ewen.

Geneviève Turcot, LeDroit

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