Dallaire prend l'air au Recycl'art

L'installation Les Échappatoires de Marc Walter, dont chaque... (Etienne Ranger, LeDroit)

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L'installation Les Échappatoires de Marc Walter, dont chaque manche à air célèbre les rêves et la folie imaginaire du peintre d'origine gatinoise

Etienne Ranger, LeDroit

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Jean Dallaire aurait eu 100 ans cette année. Jusqu'au 21 août, la seconde édition de l'exposition urbaine Recycl'art lui rend hommage sous le soleil, la pluie et les étoiles. Un rendez-vous qui témoigne bien de la mosaïque enlevée de styles et d'esthétiques qui caractérisa l'art du grand peintre.

Angèle Lux s'inspire du fameux Coq licorne de Dallaire... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 1.0

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Angèle Lux s'inspire du fameux Coq licorne de Dallaire

Etienne Ranger, LeDroit

L'Autoportrait de Dallaire, revisité par Béla Simo... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 1.1

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L'Autoportrait de Dallaire, revisité par Béla Simo

Etienne Ranger, LeDroit

Des oeuvres colorées, multifacettes, ludiques et écologiques... La nouvelle édition estivale de cette exposition collective de matériaux recyclés évoque l'univers de cet artiste natif de Hull à la production aussi diversifiée qu'atypique. Son oeuvre inspire aujourd'hui une vingtaine d'artistes et artisans de la région qui exposent leur travail en plein air tout l'été, au parc du ruisseau de la Brasserie. 

Sur les rives longeant la rue Montcalm, à hauteur d'un restaurant thaï sans chichi, un coq flambant neuf scintille de toutes ses plumes d'aluminium conçues par Angèle Lux. «Une référence au Coq licorne», nous glisse l'artiste Danielle Doucet en mentionnant cette créature flamboyante au bec denté et plumage bariolé du grand peintre disparu en 1965. Mais sur le socle de l'oiseau recyclé, une inscription brouille les pistes: «Humberto, 1er prix», référence que l'on devine à cette autre huile sur toile datant de 1963, un coq en cage intitulé Premier prix.

Les promeneurs familiers du peintre pourront toujours s'amuser à remonter aux sources d'inspiration dallairienne en analysant les projets éparpillés dans le parc. Les autres remarqueront d'emblée l'originalité des propositions retenues. 

Le long du ruisseau, l'art se joue du vent autour du portrait girouette d'Éric Tardif, Tête-à-tête avec Dallaire, un panneau en bois contreplaqué avec visages intriqués à la Picasso. Les spectateurs les plus avertis reconnaîtront peut-être un amalgame de Tête cocasse (1960), Autoportrait (1938) et de L'homme à l'oiseau (1955). L'installation voisine avec une série de drapeaux réalisée par Marc Walter, huit manches à air dont les dessins reprennent les traits des gouaches de Cadet Rousselle pour l'ONF (1955). Cette oeuvre influence également Denis Marceau qui en fait le coeur de son Jean Fil et défile, un hommage en acier à la période où Jean Dallaire fut illustrateur de films.

En contrebas du parc, Béla Simo transpose l'Autoportrait (1938) au visage à moitié effacé en une sculpture filiforme jouant des vides et des pleins. 

En tout, 25 installations composées en grande partie de matériaux récupérés, investissent le parc jusqu'au 21 août et s'accompagnent d'une série d'activités présentées tout l'été.

Le vernissage se tiendra ce samedi en présence des artistes qui offriront une visite guidée du site dès 15h. L'inauguration officielle aura lieu le surlendemain à 16h sous la présidence d'honneur du petit-fils, Félix Dallaire. 

Pour ceux qui aimeraient se familiariser avec l'univers du peintre, le documentaire Le Messager, sera projeté aux Brasseurs du temps le lundi 18 juillet à 20h. L'ensemble de la programmation est disponible sur le site Internet de l'événement.

Les lampes «post-consommation» de Mélodie Coutou

Lampes folles, de Mélodie Coutou... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

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Lampes folles, de Mélodie Coutou

Etienne Ranger, LeDroit

Quatre Lampes folles, c'est le titre de l'installation de Mélodie Coutou, sculptures féminines assemblées de bric et de broc, où les yeux ne sont pas forcément en face des trous et les oreilles à l'endroit.

«Comme Dallaire, je joue avec les proportions du visage!» s'exclame l'artiste de Saint-André-Avellin, galvanisée par le thème de cette édition. «Liberté totale, je m'amuse comme une folle!» dit-elle en ajustant une spatule à la taille d'un abat-jour.    

Elle a glané ses tambourin, cloche à fromage, noix de coco, paillasson et consorts dans un vide-grenier souvent, parfois à la poubelle, et assure fièrement que les pièces qu'elle utilise auraient été jetées si elle ne leur avait pas donné une seconde vie. 

«Ce que j'aime chez Dallaire, c'est son côté touche-à-tout, enfantin et loufoque, dit Mélodie Coutou. La variété des médiums qu'il a employés m'interpelle aussi.»

Quand Leclerc rencontre Dallaire chez Denis Marceau

Jean Fil et défile, de Denis Marceau... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 5.0

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Jean Fil et défile, de Denis Marceau

Etienne Ranger, LeDroit

Des lames de moulin à scie déroulées comme la pellicule d'un film, des chiffres annonçant le début de la séance au cinéma «3, 2, 1...», c'est l'installation robuste et délicate à la fois de Denis Marceau.

Sa sculpture Jean Fil et défile offre un autre regard sur la chanson Cadet Rousselle de Félix Leclerc, illustrée par Jean Dallaire. Le «personnage ridicule mais toujours amusant» se retrouve dans les vignettes découpées dans les lames de la sculpture. Celle-ci repose sur un socle de barreaux (et serrure) de prison, en référence à l'incarcération du peintre en 1940, en France, au camp des civils britanniques.

«Les matériaux utilisés représentent la dureté de la vie qu'a eue Jean Dallaire», explique Denis Marceau. Il conseille aux visiteurs de revoir le clip de Cadet Rousselle réalisé par l'ONF avant de parcourir l'exposition. 

«Félix Leclerc et Jean Dallaire représentent deux personnalités majeures de la culture québécoise.Je tenais à saluer leur contribution dans mon projet.»     

Les trois têtes d'Éric Tardif

Tête-à-tête avec Dallaire, d'Éric Tardif... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 7.0

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Tête-à-tête avec Dallaire, d'Éric Tardif

Etienne Ranger, LeDroit

Sculpture cinétique, le Tête-à-tête avec Dallaire d'Éric Tardif donne du mouvement à l'exposition.

Deux profils se découpent sur la tranche d'un panneau, laissant entrevoir un troisième visage en son centre. On pense alors aux cubistes qui s'intéressaient au caractère mouvant de la perception, à la simultanéité des points de vue et à la vision d'un réel multiple et insaisissable. Avant son départ pour la France en 1938, Jean Dallaire avait réalisé plusieurs autoportraits cubistes. 

«J'ai travaillé avec sa manière de montrer les profils des visages en mélangeant le portrait de face et les profils de côté», explique M. Tardif. La composition des lignes et la rythmique de cette sculpture ont été conçues en fonction du vent qui fait tournoyer le panneau sur son axe central. Le projet a été fabriqué en contreplaqué provenant d'une usine de fabrication de caissons de bois.

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