Dans l'ombre des acquisitions du MBAC

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La Sagesse préservant l'Adolescence des traits de l'Amour

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La famille des représentants de l'art européen s'agrandit d'un artiste dit secondaire, mais de premier plan : le peintre français Charles Meynier (1763-1832) rejoint le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) avec La Sagesse préservant l'Adolescence des traits de l'Amour, tableau acquis l'an dernier par le musée puis restauré plusieurs mois durant, avant présentation officielle au public mercredi. Il fait désormais partie de la collection permanente européenne. Mais à quel prix ? Le sujet reste encore tabou. Son achat gardé secret relève d'une longue quête dans les arcanes du marché de l'art international.

« Le musée possède un bel ensemble d'art français autour des années 1800 ; il nous manquait cependant un tableau monumental allégorique », explique le conservateur en chef Paul Lang. 

Quand ses recherches débutent, il y a trois ans environ, aucun tableau de Meynier n'est officiellement disponible sur le marché de l'art. La maison de vente aux enchères Christie's, avec qui M. Lang collabore pour le prêt d'un tableau d'Élisabeth Vigée Le Brun, avait vendu une oeuvre signée Charles Meynier provenant de la collection personnelle du célèbre danseur Rudolf Noureev. En 1995, l'acheteur anonyme avait déboursé la coquette somme de 486 500 $. 

« Nous lui avons simplement demandé s'il était prêt à revendre le tableau », raconte M. Lang sans dévoiler le montant de la transaction. 

Le musée dispose de 8 millions $ par an pour enrichir sa collection. Dans l'échelle des acquisitions - de 1 à 4 en fonction de la valeur de l'objet -, la toile de Meynier est cotée au maximum dans la catégorie « oeuvre d'art remarquable de la plus haute valeur et importance ». 

Un peintre à redécouvrir

La renommée de Charles Meynier, artiste célèbre de son temps, est toutefois estompée derrière d'autres illustres contemporains (David, Guérin, Prudhon). Son entrée au MBAC contribuera à le faire redécouvrir. 

Au cours de la visite, on apprendra notamment que ce peintre officiel majeur sous l'Empire puis la Restauration fut impliqué dans de grandes commandes de l'État français, dont l'arc du Carrousel ou encore le décor plafonnant du Louvre. Il travailla aussi pour les collectionneurs et commanditaires privés les plus importants de son époque, l'Italien Sommariva par exemple, mécène du néoclassicisme pour qui fut réalisée La Sagesse préservant l'Adolescence des traits de l'Amour. 

La toile d'envergure (242 x 206 cm) met en scène un adolescent entouré des choix allégoriques de l'existence : Vénus à ses pieds représente les vains plaisirs de l'existence tandis que Minerve, à son flanc, symbolise une vie vertueuse de combat ; un thème particulièrement au diapason de l'époque napoléonienne où sont valorisés vertu militaire et service de l'État. Le tableau sera présenté pour la première fois au Salon de Paris en 1810.    

Concernant l'art du XIXe et moderne, ce secteur reste toujours fortement valorisé pour les belles pièces dont les prix semblent ne pas fléchir. Les grandes signatures font toujours rêver et le conservateur Paul Lang souhaiterait qu'une oeuvre de Manet rejoigne un jour la collection du musée. 

« Un musée qui n'achète pas est un musée qui meurt, » conclut-il en citant Pierre Rosenberg, l'ancien directeur du Louvre.

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