Bien plus que des souvenirs

Quand un pays vole en éclats, comment rassembler les morceaux ? Guy Laflamme... (Etienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Etienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Quand un pays vole en éclats, comment rassembler les morceaux ? Guy Laflamme est plutôt connu dans la région à titre de professeur de gestion à l'École Telfer et producteur événementiel à Ottawa. Un nouvel objectif s'ajoute à ses compétences : photographe (r)assembleur. Il présente sa toute première exposition de portraits africains sur tôle et drap d'hôpital, Courage et dignité, dans les locaux d'Exposure Gallery, au premier étage du café Thyme & Again.

La tôle renvoie au paysage urbain qui l'a frappé lors de ses visites en Afrique tandis que les draps, découpés en canevas pour les photographies, proviennent de l'hôpital de Niamey, capitale du Niger, qu'il a contribué à aider financièrement.    

Dix-sept portraits au total s'alignent comme autant de blasons dans cette galerie de hérauts de la dignité nigérienne - quidams hommes, femmes et enfants du pays qui se sont prêtés au jeu des séances photos. Chacun semble se détacher d'un arrière-plan éloquent qui souligne sa singularité, l'extirpe de la rue ou d'une salle de classe. L'objectif est presque toujours focalisé en gros plan sur les saillies du visage. Sans artifice, dans la simplicité des poses, le photographe fait jaillir la vivacité de la présence, la force irréductible de l'identité des femmes et des hommes qu'il immortalise.

Out of Nigeria 

Le professeur en mission humanitaire et pédagogique effectue deux séjours, en 2006 et 2008, dans le cadre d'un projet initié auprès de ses étudiants. « Le Niger, c'est notre affaire » recueillera ainsi 500 000 $ distribués pour l'achat d'équipement médical, le financement de la construction d'un puits et la livraison de livres de gestion à l'Université Abdou Moumouni.

« Plutôt que de proposer à mes étudiants de travailler sur un plan d'affaires pour McDo, j'ai cherché une façon de leur inculquer un sens de l'éthique et de la conscience sociale. »

Le projet lancé en 2005 aurait pu être clos si M. Laflamme n'avait pas replongé dans les finances de la mission avant de prendre sa retraite l'an prochain. 

« Il restait des sous en banque, raconte-t-il. Il fallait boucler la boucle. »

Il imagine un nouveau projet avec l'aide de l'ancienne ambassadrice du Niger au Canada, Nana Aicha Foumakoye. 

Après avoir soutenu la santé, financé du matériel pédagogique, M. Laflamme souhaite désormais lancer une campagne de promotion de l'éducation des jeunes filles au Niger. 

« Seules 30 % des femmes bénéficient d'une quelconque forme d'éducation dans leur vie, pourtant, elles sont l'avenir de la société, note-t-il. Beaucoup de villageois hésitent à ce qu'elles partent en ville se former, de peur que leurs valeurs soient incompatibles. »     

Les sommes recueillies par la vente des clichés (250 ou 300 $ l'unité) seront reversées au projet « Le Niger, c'est notre affaire ».

Pour y aller

Jusqu'au 2 août

Exposure Gallery

exposuregallery.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer