Michèle Provost à l'espace Odyssée: De Paroles et de respect

Ces trois grandes banderoles de vieux t-shirts sur... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Ces trois grandes banderoles de vieux t-shirts sur lesquelles est cousu lettre par lettre «every move you make, every vow you break, every smile you fake», c'est bien de The Police, non?

Etienne Ranger, LeDroit

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«Je suis un Hells Angel à pied / Je roule à bille sur du papier», peut-on lire sur l'un des murs du foyer de la mezzanine de la salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau (MCG). Plusieurs reconnaîtront au premier coup d'oeil les paroles de Robert Charlebois, patiemment reproduites en longs boudins de tricotin bleus par l'artiste visuelle Michèle Provost. Et se prendront à fredonner Les ailes d'un ange pour compléter le couplet afin de se remémorer le titre de la chanson.

Il y a sans contredit un aspect ludique à l'exposition Paroles que Mme Provost propose jusqu'au 18 septembre à l'Espace Odyssée, et qui s'inscrit dans le cadre de la Triennale internationale des arts textiles en Outaouais 2016.

Ici, on a droit à un bout de Le monde est stone, brodé en bleu ciel sur une bande de tissu écru déroulée sur le bord de la rampe d'escalier. Là, en retrait, près des toilettes des hommes, au troublant «My only friend / The end» de Jim Morrison, brodé en fil blanc sur un tissu moiré noir où des papillons battent des ailes ton sur ton.

Qui chante «If you want something / don't ask for nothing / If you want nothing / don't ask for something» déjà? Et ces trois grandes banderoles de vieux t-shirts sur lesquelles est cousu lettre par lettre «every move you make, every vow you break, every smile you fake», c'est bien de The Police, non?

Pour peu qu'on se rappelle des textes (ou des mélodies derrière les mots, qui font parfois mieux remonter les chansons à la surface), on constate que Working Class Hero de John Lennon côtoie Le chat du café des artistes de Jean-Pierre Ferland, entre autres.

Initialement intitulée It's Only Rock And Roll et présentée l'an dernier à Almonte, l'exposition (revue ici par l'artiste) se veut évidemment un hommage aux chansons qui ont marqué son imaginaire - et fort probablement celui de nombreux visiteurs - de son adolescence à aujourd'hui.

Or, comme le rock'n'roll n'est pas un sous-genre musical, le côté artisanal du travail de Michèle Provost n'a rien d'un sous-genre artistique non plus.

Tous les extraits de pièces choisis sont soigneusement mis en valeur, tantôt par un savant collage de coupons de tombola (reproduisant de façon aussi colorée que spectaculaire quelques mots du rappeur italien Jovanotti), tantôt en «effet néon» (un fil noir qui, en continu, trace les contours de quelques mots empruntés à Radiohead).

Sa série de «tableaux» témoigne d'une recherche réfléchie pour créer les savoureux assemblages entre «textures» de fond et broderies (un tissu de coussin pour évoquer un possible couch potato sans envergure ou encore du tapis pour signifier un côté plus funky, par exemple).

On sent par ailleurs l'immense respect que Mme Provost voue à toutes les couturières dans la «courtepointe» des mots de Ferland. Chaque appliqué conçu à la main pour composer «Y'a des jours où on penche / y'en a d'autres où on plie / y'a ceux où on flanche» (référence à Y'a des jours, sur Jaune) a été patiemment épinglé au mur par l'artiste.

Certes, il s'avère impossible d'identifier toutes les chansons présentées dans Paroles. Afin d'éviter toute frustration, Michèle Provost a prévu le coup: son «palmarès» est inclus, histoire de faciliter les associations.

POUR Y ALLER

Jusqu'au 18 septembre

Espace Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau

819-243-2325; gatineau.ca/artimage

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