L'espoir d'une vraie place pour Dallaire

François et Michel Dallaire étaient tous les deux... (Etienne Ranger, LeDroit)

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François et Michel Dallaire étaient tous les deux présents pour le vernissage de l'exposition en hommage à leur père Jean Dallaire, présentée à la galerie Montcalm dans le cadre du centenaire de la naissance du peintre gatinois.

Etienne Ranger, LeDroit

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«Dans notre joie que cette exposition existe se réveille la profonde déception qu'aucun musée n'ait tenu à souligner le centenaire de la naissance de notre père», a déploré Michel Dallaire.

Rencontré jeudi à quelques heures du vernissage de l'Hommage à Dallaire: Que la fête commence! à la galerie Montcalm, l'aîné des deux fils du peintre gatinois était tiraillé entre le plaisir de voir l'oeuvre de son père exposée dans sa ville natale et son dépit face au désintérêt démontré par les musées.

«Heureusement que la Ville de Gatineau a fait quelque chose! Toutes les institutions que nous avons approché avaient une bonne excuse pour ne rien faire. Pourtant, plusieurs ont déjà souligné les centenaires de Borduas ou Lemieux, y compris le Musée des beaux-arts du Canada, de l'autre côté de la rivière. Pourquoi pas Dallaire? a soulevé Michel Dallaire. Je considère que c'est une preuve de mépris.»

En ce 9 juin marquant le centenaire de la naissance de l'artiste ayant grandi rue Vaudreuil, dans le Vieux-Hull, la galerie Montcalm célébrait toutefois son imaginaire foisonnant. L'Hommage qui y est présenté jusqu'au 14 août regroupe quelque 70 tableaux de Dallaire, décédé à 49 ans à Vence, dans le sud de la France. 

«Précisément 30 ans séparent Portait de jeune homme et Le Messager, son tout dernier tableau, peint en 1965, a mentionné François Dallaire, le cadet de la famille. L'exposition que [le commissaire] Michel Cheff a montée témoigne bien de la créativité de notre père, de ses palettes des couleurs, qui ont varié d'une époque à l'autre, en fonction des styles et influences qu'il a fait siens au fil des ans.»

Même les «turbulences» de son existence, de son «enfance miséreuse à ses dernières années passées seul et malade en France, en passant par son emprisonnement pendant la guerre et ses problèmes d'alcool ne se remarquent pas dans son travail, et c'est ça qui est extraordinaire!» a renchéri François Dallaire.

«Les deux frères se réjouissent que les visiteurs puissent admirer un tel «échantillonnage de sa sensibilité».

«Notre père,  ce n'est pas que Le Coq-licorne!» s'exclame François Dallaire.

Ce sont des oeuvres plus alimentaires, tels ses bouquets de fleurs ou la suite de petits formats peints pour le mariage d'une cousine. 

Ce sont aussi ses oeuvres abstraites, surréalistes ou cubistes, évoquant tantôt Miró (dont Prince Casimir, que Michel Dallaire se souvient d'avoir vu dans le bureau du premier ministre Robert Bourassa), Dalí ou Picasso.

Pour les deux frères, c'est particulièrement La Folle, dont ils ont une fois de plus pris le temps d'apprécier (et de pointer) les moindres détails, jeudi. 

«Chaque pouce carré de cette oeuvre est un tableau en soi!» a fait valoir François Dallaire avec une fierté audible dans la voix.

«On a grandi avec cette toile accrochée au-dessus du divan, dans le salon, a pour sa part raconté Michel Dallaire. La légende veut qu'il s'agisse d'un portrait de notre mère Marie-Thérèse... Disons que c'était un couple à géométries incompatibles...»

«La vie n'était pas toujours simple, dans la famille, avant que notre père nous quitte...» a enchaîné son cadet.

N'empêche que la famille est de nouveau réunie (et ce, pour la première fois dans le cadre d'une exposition), par le biais du Portait de Marie-Thérèse et de l'Autoportrait de Dallaire peints en 1938, année de leur mariage, et de leurs enfants, François qui dort (1951) et Michel, 10 ans (1952).

Si les quelque 70 tableaux témoignent du foisonnant parcours artistique du Gatinois, l'Hommage à Dallaire révèle aussi une facette plus humaine à travers quelques objets particulièrement symboliques.

«Avant qu'il parte s'installer à Vence, j'ai passé plusieurs heures dans l'atelier de mon père, à peindre à ses côtés», s'est remémoré François Dallaire dans un sourire.

Quatre de ses propres oeuvres sont ainsi incluses dans l'exposition, en lien avec les esquisses de certaines toiles importantes de son père Jean, incluant entre autres Le Violoncelliste.

Coups de murales pour Dallaire

Maria-Rosa Szychowska a peint Portrait à fleurs rouges au 39,... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

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Maria-Rosa Szychowska a peint Portrait à fleurs rouges au 39, rue Leduc.

Etienne Ranger, LeDroit

En lien avec l'Hommage à Dallaire: que la fête commence!, la Ville de Gatineau a demandé à cinq jeunes artistes graffiteurs de la région de s'inspirer des oeuvres du Gatinois pour orner quelques murs de ses couleurs et personnages.

Ainsi, Maria-Rosa Szychowska a peint Portrait à fleurs rouges (notre photo) au 39, rue Leduc. Elle a aussi reproduit L'Homme à l'oiseau et Le Jeune Poète à la même adresse. 

Il est aussi possible de voir L'Été de Raphael Alin (15, rue Leduc); Tête d'ange de Marin Mitrasinovic et La Propriétaire et différents personnages de l'univers de Dallaire de Philippe Landry (109, rue Wright); Cadet Rousselle avait trois maisons, La Propriétaire et Oiseau de nuit au-dessus du château de Lukasz Bober (1, rue Jean-Dallaire).

Le dévoilement officiel aura lieu le 15 juin, à l'angle des rues Wright et Leduc.

Pour y aller

Quand? Jusqu'au 14 août

Où? Galerie Montcalm

Renseignements: 819-595-7488

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