Des portraits à se pâmer au MBAC

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L'artiste Elisabeth Louise Vigee Le Brun a mis en scène l'aristocratie européenne dans ses peintures. Ses oeuvres sont présentées au Musée des beaux-arts du Canada jusqu'à 11 septembre.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Au Musée des beaux-arts du Canada, une remarquable exposition met en scène l'aristocratie européenne du 18e siècle peinte par une artiste trop méconnue: Élisabeth Louise Vigée Le Brun.

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Au chapitre de la beauté, la demoiselle était plutôt bien dotée, comme le souligne la première partie de l'exposition. L'image de l'artiste la présente comme l'une des plus belles femmes de son temps, sculptée comme une reine par Augustin Pajou.

Patrick Woodbury, LeDroit

Pourtant, à son époque (1755-1842), ses tableaux se vendent au triple de ceux du peintre David; elle réussit intégrer la prestigieuse Académie royale de peinture et de sculpture, traditionnellement réservée aux hommes. 

Mais Vigée Le Brun s'est surtout fait connaître en devenant la portraitiste de Marie-Antoinette; un tour de force artistique compte tenu du légendaire physique disgracieux de la reine. Ses seyants portraits charment les familles royales, hommes d'État, aristocrates soucieux d'immortaliser en beauté leur propre légende.

À ce chapitre, la demoiselle était plutôt bien dotée, comme le souligne la première partie de l'exposition. L'image de l'artiste la présente comme l'une des plus belles femmes de son temps, sculptée comme une reine par Augustin Pajou, représentée en auguste posture par Alexis Joseph Perignon dans un tableau qui dit tout: «La reine Marie-Antoinette ramassant les pinceaux d'Élisabeth Vigée-Lebrun»!

Il était certainement grand temps qu'une rétrospective internationale lui soit consacrée. Après Paris et New York, l'exposition Élisabeth Louise Vigée Le Brun (1755-1842): la portraitiste de Marie-Antoinette prend l'affiche à Ottawa jusqu'au 11 septembre. 

La disposition du MBAC offre un parcours aéré plus linéaire qu'au Metropolitan Museum of Art. Quatre-vingt-dix oeuvres de toutes les périodes de la carrière du peintre jalonnent l'exposition selon un ordre chronologique non strict. Il reflète l'incroyable destin de la portraitiste forcée de fuir la France révolutionnaire en 1789, jusqu'en Italie, en Autriche et en Russie notamment où elle a ses entrées parmi les grands de son monde. 

La présentation s'ouvre par le faste de l'époque en reproduisant la galerie des Glaces du Château de Versailles. À l'intérieur, les velours, fourrures, satins et lamés des costumes sont rendus au moyen d'une palette colorée exceptionnelle. Les peaux diaphanes se découpent sur de luxueux vêtements d'apparat. Visages détendus, pommettes rosées, regard lointain...

«Tu ne peins pas un homme comme que tu peins une femme, il faut la complimenter, la mettre à l'aise», cite le spécialiste Joseph Baillio en reprenant les termes de Vigée Le Brun. 

Certains tableaux, prêts exceptionnels de Versailles, n'ont jamais quitté la France. D'autres sont présentés en exclusivité nord-américaine au MBAC. Neuf toiles n'ont pas pu être intégrées à l'exposition de New York pour cause d'embargo économique sur l'art russe: un procès en cours fait courir le risque de la saisie des oeuvres. 

Ainsi, les visiteurs d'Ottawa auront le privilège d'admirer la série spectaculaire des grands portraits russes réalisés en exil; fresques familiales habillées de lourds drapés où dominent pourpre et quiétude.

Traits sensibles et sens du détail minutieux signent des scènes de mode où l'on sent le poids des étoffes, où l'on entendrait presque crisser les soies. Teintes, textures, transparences: rien n'échappe à l'oeil de cette portraitiste qui achève de sculpter les silhouettes à coup de jeux de lumière subtils. Observatrice privilégiée de l'élégance européenne, Élisabeth Louise Vigée Le Brun fut aussi, à sa manière, chroniqueuse mode de son époque.  

Une exposition-événement à ne pas manquer!

Pour y aller

Quand? Du 10 juin au 11 septembre

Où? Musée des beaux-arts du Canada

Renseignements: 613-990-1985 ou beaux-arts.ca

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