Chris Cran, l'art tout feu tout flamme

«Si l'Alberta était une nation, Chris Cran serait un trésor de cette nation.»... (Claire Ratté, collaboration speciale)

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Claire Ratté, collaboration speciale

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«Si l'Alberta était une nation, Chris Cran serait un trésor de cette nation.» Présentation pour le moins élogieuse de l'artiste albertain par Marc Mayer, le directeur du Musée des beaux-arts du Canada.

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Chris Cran s'est inspiré des genres classiques de la peinture tout en s'inscrivant au confluent d'autres mouvements plus éclatés.

Claire Ratté, collaboration spéciale

Ce dernier lui ouvre grand les cimaises de l'espace dédié à l'art contemporain au plus fort de la saison, en même temps que Picasso (L'homme et la bête. Les estampes de la suite Vollard) et Élisabeth Louise Vigée Le Brun, portraitiste de Marie-Antoinette (dès le 10 juin). 

«C'est un artiste qui n'a pas reçu beaucoup d'exposition nationale», note Josée Drouin-Brisebois, conservatrice principale de l'art contemporain au MBAC. Pleins feux, donc, sur cet acteur prolifique de l'art canadien qui nous régale par son approche pop et ludique.   

Il aura fallu l'initiative du MBAC, en partenariat avec l'Art Gallery of Alberta (AGA), pour que le travail de Chris Cran soit enfin mis à l'honneur dans cette grande exposition, Chris Cran, sincèrement vôtre, la plus complète réalisée à ce jour sur l'artiste. 

Plus de 100 tableaux et dessins provenant, en (petite) partie, de la collection nationale, témoignent de la diversité de son oeuvre. 

Au cours des quatre dernières décennies, Chris Cran s'est inspiré des genres classiques de la peinture (nature morte, portrait, abstraction) tout en s'inscrivant au confluent d'autres mouvements plus éclatés (pop art, photoréalisme, op art).   

Ce qu'il aime dénicher et qui lui ravit l'oeil, ce sont d'abord ces publicités des années 1950 hautes en couleur. Il s'y met en scène dans un cadre fantaisiste et loufoque, en se fichant pas mal des critères du bon ou du mauvais goût. On le voit rejoindre des «guerrières nymphomanes de Saigon» dans un autoportrait datant de 1985, un fusil de bois au poing. Intégré au tableau ou cherchant à s'y échapper? À l'observateur de décider. 

Ses autoportraits des années 1980 s'inspirent de thèmes qui, chacun à sa manière, traitent du détournement des attentes et renversent notre perception: Autoportrait avec un vaste auditoire, en tentant de se souvenir à quoi ressemble Camelita Pope, Autoportrait, accepter un chèque pour la commande de cette peinture font immanquablement sourire. 

«À partir d'images familières tirées de la culture pop, il questionne les codes de la peinture», analyse Josée Drouin-Brisebois. 

Des dessins à l'encre que l'on prendrait pour des photographies, des cadrages en trompe-l'oeil, des peintures en demi-teintes à déchiffrer, d'autres qui passent du négatif au positif en fonction des déplacements de l'observateur... Les visiteurs se régaleront de l'approche ludique et expérimentale de l'oeuvre de Chris Cran, présentée dans un espace aéré et subtilement chronologique.      

L'artiste ne s'intéresse toujours qu'au développement d'idées plastiques dont il peut lui-même tirer des possibilités formelles, sans oublier d'y mettre ironie et humour. Mais malin qui saura faire la part exacte des choses. La dose de sérieux constructif, celle de l'humour destructeur, sont souvent difficiles à évaluer. 

Pour célébrer la Journée internationale des musées, l'entrée au musée est gratuite dimanche 22 mai entre 10h et 18h.

Pour y aller

Quand? Jusqu'au 5 septembre

Où? Musée des beaux-arts du Canada

Renseignements: 613-990-1985 ou beaux-arts.ca

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