Le résultat du compost avant le grand chantier

Le centre d'exposition L'Imagier fera bientôt peau neuve.... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le centre d'exposition L'Imagier fera bientôt peau neuve.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Avant la fermeture pour travaux de reconstruction, en mars, le centre d'exposition L'Imagier accueille Jardin de la mémoire de Frances Caswell-Routhier. Une exposition de circonstance en cette veille de démolition: l'artiste visuelle sarcle le terrain des vieux papiers autour d'un projet de décomposition.

Vulgaire amas de détritus? Non! Installation d'art contemporain intime et singulière qui dura une décennie; une histoire de Sempre festina lente («toujours hâte-toi lentement», la devise des jardiniers), où il est question de paperasserie laissée en jachère dans un jardin pendant 10 ans. Le résultat du compost peut se découvrir jusqu'au 21 février, dans le secteur Aylmer.

En 2005, Frances Caswell-Routhier a empaqueté du courrier personnel et familial - 3000 enveloppes, dénombre-t-elle - dans un cube grillagé. Le thème de l'exposition collective proposée alors par L'Imagier? «Métamorphose.»

L'exposition de Frances Caswell-Routhier est la dernière avant... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 2.0

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L'exposition de Frances Caswell-Routhier est la dernière avant le début des travaux.

Patrick Woodbury, LeDroit

«J'avais composé l'installation en récupérant du courrier de mes parents décédés, ainsi que des enveloppes m'ayant été adressées», explique l'artiste qui façonnera un cube aussi comprimé qu'une oeuvre de César Baldaccini.

Un brin de nostalgie, un zeste de récupération, la nature sont les meilleures des inspirations.

Epitaphe - c'est le titre du cube - fera le mur au pied de la clôture du jardin de L'Imagier, 10 ans durant. Patience et longueur de saisons donnent le tempo. Le papier jaunit, se ratatine et se troue. Epitaphe se métamorphose au diapason des changements thermiques. Frances Caswell-Routhier retourne régulièrement observer la dégradation de son installation, prend des photos qu'elle partage dans la présente exposition. Epitaphe sous la neige, Epitaphe au printemps, Epitaphe a trois ans...

Sa plus grande joie? «Un arbre a poussé dans le paquet!» fait-elle remarquer sur l'une des photos. «La boucle est bouclée.» L'arbrisseau finira arraché par un élève lors d'une sortie scolaire.

Mémoire en jachère

L'exposition ambitionne de rendre sensible la dimension vivante et organique de cette installation qui envisage le jardin comme un monde en soi, non orchestré, vivant selon ses propres rythmes. 

Par son travail photographique tant que par la mise en perspective du passé et du présent, le travail de Frances Caswell-Routhier constitue l'enregistrement partiel d'une situation qui s'écoule dans le temps. L'exposition présente s'enracine dans les vestiges de celle proposée en 2005, devenant également une étape-clef de l'histoire de la galerie. Il y a 10 ans, le Centre soulignait son 40e anniversaire. Cet hiver, Jardin de la mémoire précède une autre étape importante: la démolition de L'Imagier. Et sème les germes d'un monde qui s'autogénère, varie dans le temps et l'espace, selon une évolution naturelle.

Quant à la reconstruction imminente du Centre, elle promet des lieux plus spacieux et mieux adaptés. Fleuraison prévue en février 2017.

Pour y aller

Où? Centre d'exposition L'Imagier (9, rue Front, secteur Aylmer)

Quand? Jusqu'au 21 février

Renseignements: 819-684-1445

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