Reid McLachlan et l'art de la disparition

Dessin raffiné ou effacement. Noirceur charbonneuse ou blanc sale. Quel que... (Courtoisie)

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Courtoisie

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Dessin raffiné ou effacement. Noirceur charbonneuse ou blanc sale. Quel que soit l'endroit où le regard se pose, les cimaises de Vestiges nostalgiques renvoient aux murs d'une grange.

L'espace de la galerie Montcalm lui-même s'est transformé pour accueillir cette exposition de l'artiste Reid McLachlan, prolongée jusqu'au 6 décembre.

Des objets tranchants ont été suspendus au plafond, d'autres sont posés dans des recoins de la salle - fils barbelés, râteaux. Une arche constituée de vieilles poutres a même été installée au coeur de la galerie. Effet «grange» garanti.

Hache, faux, scie... de nombreux outils agricoles foisonnent dans cette série de dessins au graphite qui fait l'inventaire du nécessaire de ferme.

Les notions de disparitions, d'effacement et de désuétude traversent l'ensemble de l'installation/exposition à l'affiche depuis la mi-octobre. Elles sont liées au désir, de la part de Reid McLachlan, de faire revivre de vieux outils d'une époque et d'une culture révolues.

Ces dessins «nous font également prendre conscience de l'oubli de nos connaissances traditionnelles», écrit-il dans la note de présentation.

Une partie des dessins avait déjà été exposée à La Fab de Chelsea à l'occasion d'une présentation collective... dont on se souvient encore. Vestiges nostalgiques en livre une belle moisson, à voir avant qu'elle ne soit remisée.

Autobiographie d'outils

L'artiste excelle indubitablement dans l'art du dessin, la ligne, l'ombre et la lumière. Il dit revenir ainsi à ses premières amours, après avoir suivi sa passion pour la peinture ces 25 dernières années.

Admirablement composée et rythmée en objets qui se font écho entre la salle, où ils ont été dispersés, et les dessins qui les représentent, l'exposition interdit le regard rapide. Elle force l'oeil à se fixer, à se rapprocher, d'une part en raison de la qualité du trait - quasi photographique - d'autre part parce que le contraste entre zones effacées et représentations très détaillées est saisissant.

La disparition, comme point de fuite d'un univers en perdition, évoque l'obsolescence et la perte graduelle de la mémoire d'une vie rustique. L'exposition révèle aussi un certain héritage familial auquel Reid McLachlan rend hommage en redonnant vie à des outils ayant appartenu à son grand-père.

Dessin après dessin, l'artiste convoque ces objets qui ont marqué son enfance, procède à l'inventaire graphique de ses mythologies.

À manipuler les souvenirs, même les plus matériels, les fantômes surgissent, naturellement. À l'instar de ce tableau - le seul de l'exposition - Nostalgia's Grip, où l'on voit un garçon et son grand-père, main dans la main, traverser des champs labourés en direction d'une grange.

Peu à peu, la promenade aléatoire du visiteur, d'un fragment de mémoire à l'autre, compose un paysage complexe et passionnant: autobiographie émouvante, géographie familiale et portrait au charme doux-amer d'une époque paysanne révolue.

Pour y aller

Quand? Jusqu'au 6 décembre

Où? Galerie Montcalm

Renseignements: 819-595-7488

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