Marok, au pays des couleurs et de la lumière

La Danse de la Vie, de John F. Marok... (Etienne Ranger, LeDroit)

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La Danse de la Vie, de John F. Marok

Etienne Ranger, LeDroit

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Les habitués de la Maison de la culture de Gatineau ont déjà vu ses oeuvres: elles animent les cimaises du hall d'entrée, face à la billetterie. Une série de petits portraits d'inspiration cubiste signés John F. Marok.

Rien à voir, donc, avec ses travaux présentés à l'étage jusqu'en janvier, dans l'espace Odyssée du même théâtre. Quelle surprise en découvrant la nouvelle exposition à la fois inventive, festive et foisonnante de ce peintre établi à Wakefield!

La vie continue combine en grands formats l'utile et l'extrêmement agréable: une peinture sans drame apparent, qui fête la couleur en mouvement et épouse intelligemment l'atmosphère de cette salle de spectacle.

S'affichant à contre-courant du mo­no­chrome moderne, John Marok entend perpétuer à sa manière solitaire, les théories coloristes des Delaunay en révélant la musique et le rythme des couleurs.

Peintures animées

Il faut prendre le temps de s'arrêter devant La Danse de la vie, certainement le tableau le plus imposant de l'exposition. Chaque détail compte, en particulier cette clé, discrètement placée à portée de main, qu'il suffirait de tourner pour activer la scène du tableau. La boîte à musique déclencherait une farandole constituée de deux couples - peut-être un seul - et d'un portrait de femme, où chaque personnage semble tenir un rôle: il y a le peintre, charmeur, une palette dans une main, un bouquet de fleurs dans l'autre, sa muse évanescente, à côté desquels un oiseleur scrute une jeune fille réservée.

Autour d'eux gravite toute une iconographie éloquente: les masques sont tombés, les tubes de peintures ont été vidés, un chat joue dans son coin tandis que, dehors, la nuit s'est installée. Tout va bien, l'alignement des planètes est au beau fixe.

«Pourtant, quand j'ai rencontré John Marok, début janvier, en prévision de la préparation de l'exposition, il était en compote, se souvient Marie Hélène Giguère, coordonnatrice des espaces d'exposition. Il vivait une peine d'amour et s'était mis à peindre frénétiquement.»

Le peintre affirme lui-même  - dans le programme de l'exposition - qu'il tient à faire contre mauvaise fortune, bon coeur. «Je conserve un souvenir joyeux, agréable, de mes relations amoureuses, écrit-il, même si la relation avait été difficile, les bons moments reviennent en mémoire. Et rencontrer une nouvelle muse est, certes, une célébration.»

Celles-ci animent joyeusement la plupart de ses huiles sur toile, tantôt en musicienne, astronome, ou amazone, portraiturée à la Matisse ou la tête renversée, à la manière du Baiser de Klimt.

Le peintre utilise des collages, des tissus et des pochoirs mais laisse aussi, dans sa technique artistique, certaines zones de la toile intactes. Le canevas devient alors apparent, «une pratique courante chez Cézanne», rappelle Marie Hélène Giguère, qui fut également observatrice de la progression du travail de John Marok dans son atelier de Wakefield.

«Il n'hésite pas à tout tapisser, témoigne-t-elle, mais il conserve en même temps une grande sensibilité.»

Et pour les visiteurs qui se demanderaient à quoi ressemble une toile avant la touche finale, ils pourront toujours se diriger vers The Royal Couple, un travail d'un tout autre style... sobre, vaporeux, aux antipodes de sa palette habituelle.

Pour y aller

Où? Espace Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau

Quand? Jusqu'au 31 janvier

Renseignements: 819-243-2325

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