La nature, au fil des souvenirs

La directrice de la Galerie 101, Laura Margita...

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La directrice de la Galerie 101, Laura Margita

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Il faut jouer, caresser et parfois même slalomer. Impensable de ne pas mouiller sa chemise en se contentant de contempler de loin l'exposition Mikwenim (Remember), à l'affiche de la Galerie 101 jusqu'au 19 septembre, dans le quartier de la Petite-Italie.

 Quel plaisir et quelle surprise que ceux procurés par ce parcours ludique (mais pas que) de sculptures végétales, photographies, plantes musicales et installations rassemblées avec doigté par Laura Margita, de la Galerie 101, pour cette exposition au croisement paradoxal du numérique et de l'artisanat!

À gauche, quatre petits plants de bananiers attendent de se faire effleurer les feuilles pour jouer un air de musique. À droite, une série de robes cousues main nous racontent en mohawk une histoire conçue par Melissa General, Oneida des Six Nations. Une installation vidéo joue à voiler et dévoiler un paysage derrière un grand drap blanc. De l'autre côté de la galerie, une série de plantes suspendues contribuent à recréer une oasis estivale.

Mikwenim (Remember), comme son titre l'indique, fait son miel du passé, des souvenirs, de l'attachement aux cultures ancestrales, aux traditions. L'exposition élaborée en partenariat avec le festival autochtone Asinabka explore discrètement le thème de la décolonisation. Dans Singing Plants Reconstruct Memory, l'artiste Jo SiMalaya Alcampo confie le récit de sa famille à un plant de bananiers. Quand on l'effleure, une vidéo apparaît, images d'archives entremêlées de souvenirs personnels. Il est question de l'occupation japonaise de Manille où l'artiste est née, de l'immigration de sa famille au Canada pour échapper à la loi martiale. Il paraît que certaines plantes apaiseraient les âmes blessées...

Tout aussi passionnante, du point de vue de la mémoire, la recherche de la plasticienne Melissa General ouvre un champ créatif au carrefour de l'art, de la photographie et de l'artisanat. En hommage à sa mère qui confectionnait elle-même les robes de sa fille enfant, l'artiste s'est servie d'anciens patrons maternels pour recréer sept robes et agrémentées chacune d'un mot en mohawk. Accrochés en file indienne, ces mots des robes finissent par nous raconter une histoire. En écho aux vêtements, une série de sept photographies joue de la juxtaposition entre les paysages de sa terre ancestrale et des extraits de patrons de robe apposés en surimpression.

La valeur du patrimoine

Dans ce chassé-croisé nature-culture, les préoccupations coloniales cèdent le pas à l'attachement au patrimoine. Bien qu'issue du territoire de la rivière Grand, une réserve près de Brantford, en Ontario, Melissa General a déménagé à Toronto où elle a étudié à l'École d'art et de design de l'Ontario. Elle souhaitait évoquer cet attachement à ses racines autochtones - et à son enfance - malgré son exil.

Depuis qu'elle a été fondée dans les années 1980, la Galerie 101 accorde dans ses expositions une place prépondérante aux artistes se revendiquant autochtones, ce qui ne l'empêche pas d'ouvrir ses cimaises aux autres cultures afin que «les voix et les oeuvres se mélangent.»

Ce centre d'artistes auto-géré a récemment déménagé de la rue Bank au 51B, rue Young, toujours à Ottawa. Que les visiteurs «branchés» en soient avisés: il semblerait que l'application Google Maps n'ait pas pris en compte le changement d'adresse.

Pour y aller

OÙ? Galerie 101 (51B, rue Young)

QUAND? Jusqu'au 19 septembre, du mardi au samedi, 10h à 17h.

RENSEIGNEMENTS: 613-230-2799

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