Le grand Saw des expos

L'une des oeuvres de Big Bang, présentée à...

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L'une des oeuvres de Big Bang, présentée à la Galerie Saw.

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Impossible de manquer l'entrée de la Galerie Saw. Imbriquée dans une fresque bariolée que l'on dirait tout droit sortie d'un comics, elle conduit au sous-sol de la Cour des Arts. Contraste visuel saisissant entre cette façade extérieure, redessinée en couleurs vives par l'artiste Michael DeForge et l'intérieur de la galerie, sombre dédale de petites salles contiguës. Dans les couloirs de l'exposition, un joyeux capharnaüm règne encore. Les oeuvres de la manifestation Big Bang, à l'affiche jusqu'au 10 octobre, sont en cours d'accrochage. L'arrangement relève du casse-tête: il faut caser les projets de 14 artistes dont la seule consigne était... de composer une oeuvre plus grande que nature, s'amuse le commissaire Jason St-Laurent.

Repérées au cours de notre visite, avant l'ouverture officielle de l'exposition, hier: les photographies retouchées de Leslie Hossack dévitalisant les grands projets architecturaux de Lénine. Le cadre «éclaté» d'une nature sur huile peinte par Gavin Lynch. Une installation vidéo sensible aux fréquences sonores imaginée par Donna Legault. Un plan d'une ville redessinée en matériaux de récupération par Eric Walker. Aucun lien thématique entre ces propositions; les exposants ont été choisis en fonction de leur rayonnement dans la communauté artistique. Tous sont établis dans la région. «Nous privilégions l'art politiquement et socialement engagé», précise Jason St-Laurent, commissaire de la galerie depuis quatre ans.

Pour faire tenir l'ensemble des projets soumis, un mur est en construction, un autre se refait une beauté. La directrice Tam-Ca Vo-Van nous avait prévenus: «avec cette exposition, on réalise vraiment le manque d'espace.» Elle évoque le «besoin pressant» d'agrandir la galerie, voeu qui serait exaucé fin 2017 si les travaux de reconstruction de la Cour des Arts respectent le calendrier des échéances.

La Galerie Saw bénéficierait d'un sérieux bichonnage: l'agrandissement de 10000 pieds carrés prévoit une résidence d'artistes invités - «dédiée aux projets du Nord, aussi bien du Nunavut que de Scandinavie» - des galeries trois fois plus spacieuses, une salle de spectacle modulable pouvant accueillir 300 spectateurs. Et ce n'est pas tout: la cour serait réaménagée en espace de diffusion, avec gradins et dispositif scénique permettant de programmer des projections de cinéma et des spectacles en extérieur. La directrice cite en exemple le Palais de Tokyo, à Paris, «l'aspect social des événements qui s'y donnent, les expositions ouvertes jusqu'à minuit.»

Fondée en 1973, la Galerie Saw fait partie du réseau des centres d'artistes autogérés. «Elle offre un cadre plus permissif que les musées traditionnels», témoigne Josée Dubeau, très impliquée dans la communauté artistique et programmée dans le cadre de Big Bang.

Les avantages que la Galerie Saw propose ne sont pas négligeables: le centre verse des cachets supérieurs aux tarifs recommandés, assume le transport des oeuvres et couvre les déplacements, indemnités journalières et logement des artistes de passage à Ottawa. Mme Tam-Ca Vo-Van souhaiterait que le volet national et international prenne de l'ampleur avec l'agrandissement de la galerie. Un autre big bang à venir, plein de promesses et d'espoir.

POUR Y ALLER

Quand : Jusqu'au 10 octobre

Où : Galerie Saw, 67 rue Nicholas

Renseignements : 613 236 6181, www.galeriesawgallery.com

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