Michel Gautier et l'esprit sacré de la forêt

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Certaines des oeuvres grand format de Michel Gauthier s'avèrent particulièrement spectaculaires, comme L'arbre de vie, dont les personnages dansent sur fond de coton de t-shirts recyclés.

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Du blanc texturé et de séduisants motifs sylvestres entrelacés. Des effluves d'humus, de cèdre et de feu, qu'il est possible de capter, aussi. Par le biais de l'exposition multisensorielle de Michel Gautier, l'esprit sacré de la forêt hante la galerie Montcalm. Et il renvoie inexorablement le visiteur «inTERREdépendant» à son rapport à la nature, pour ne pas dire à sa nature humaine.

On remarque d'entrée de jeu ses fascinants totems de papier, enracinés dans des miroirs portant à réflexion à plus d'un niveau. Ne serait-ce que parce qu'ils sont refermés à l'aide de petits morceaux de bois (pour rappeler les aiguilles d'un porc-épic?) ou de grosse corde parfois teinte de rouge (des points de suture?). Ces totems résonnent ainsi, et fort, comme autant de rappels à la terre et à l'esprit des Premiers Peuples, voire aux populations ethniques de l'île de la Réunion, d'où l'artiste est originaire.

Ces mâts ressemblent par ailleurs à des troncs de bouleaux blancs. Ils résultent d'un moulage en coton sur lesquels les foisonnantes photolithographies de l'artiste dessinent des ramures complexes, renvoyant à l'arbre et ses branches, à l'hiver (certaines images évoquent des flocons de neige), ou encore à des visages, des masques et des paysages étonnants. Ici et là, une invitation à «penser différemment» se décline en plusieurs langues; des formes faisant penser à des racines ou au travail des insectes et vers marquent l'«écorce», les mots et motifs étant «gravés» par une technique de gaufrage du coton.

Puis, le visiteur s'attardera aux autres pièces, accrochées aux murs. Et c'est à ce moment-là, en plongeant le regard dans les photolithographies de Michel Gautier, que le public prendra pleinement conscience de son processus de création, qu'il réalisera comment elles sont travaillées par ordinateur pour composer toutes ces symétries par des effets de miroir vertical et horizontal. Ces impressions numériques, dont le résultat est digne du travail en dentelle du papier ou du théâtre d'ombre, sont ensuite montées sur noyer, chêne, bois d'eucalyptus fumé ou sur du papier coton fait main, par exemple. 

Au final, on a l'impression d'entrevoir tantôt une peau d'ours, tantôt un masque; ou la conviction d'avoir capté de l'oeil tantôt le regard d'un Petit Prince, tantôt la présence d'un Ange aux bretelles.

Certaines des oeuvres grand format s'avèrent particulièrement spectaculaires, comme L'arbre de vie, dont les personnages dansent sur fond de coton de T-shirts recyclés, et la magnifique gravure en creux La Danse verticale. D'autres sont empreintes d'une poésie riche, délicate et puissante à la fois. C'est le cas notamment de Dix mille et une nuits... «constellées de nous-même», peut-on y lire, et qui reprend l'idée du totem par ses 168 cm de hauteur et 81 cm de largeur.

Quelques oeuvres incorporent aussi de l'éclairage LED ; elles sont soient montées sur des pieds de lampes ou suspendues tel un globe terrestre... cubique.

Il y a sans contredit quelque chose d'apaisant et d'interpellant à la fois, à circuler parmi et devant les oeuvres de Michel Gautier.

Pour y aller

OÙ? Galerie Montcalm

QUAND? Jusqu'au 16 août

RENSEIGNEMENTS: 819-595-7488; www.gatineau.ca/osezladifference

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