Un triplé créatif au MBAC

Sonia Del Re, commissaire de l'exposition et conservatrice... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Sonia Del Re, commissaire de l'exposition et conservatrice associée au Musée des beaux-arts du Canada, explique la démarche de Chagall dans ce qui sera la nouvelle exposition du MBAC cet été, Chagall: Daphnis et Chloé.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le visiteur qui se rendra cet été au Musée des beaux-arts du Canada sera choyé. Il y a d'abord l'univers fascinant d'Alex Colville à découvrir et, ensuite, deux autres magnifiques expositions qui prennent l'affiche mercredi, Chagall: Daphnis et Chloé ainsi que Lumineuses et vraies, les photographies de Frederick H. Evans. Un triplé de créativité en un seul lieu.

Grâce à la générosité d'un donateur ottavien durant les années 1980, le MBAC abrite l'une des plus importantes collections de lithographie de Chagall (1887-1985) en Amérique du Nord. Des 650 oeuvres répertoriées, l'organisme dévoile pour la toute première fois la série entière des 42 estampes qui illustrent superbement Daphnis et Chloé, une fable grecque dont on a fait aussi un ballet, signé Maurice Ravel.

Le parcours étant organisé de façon séquentielle, le public peut suivre l'histoire du début à la fin, celle d'un jeune chevrier et d'une bergère qui auront ensemble une idylle aux nombreuses péripéties où trahison et manigances seront au rendez-vous.

Réalisées sur papier, les oeuvres sont d'une extrême fragilité et sensibilité à la lumière, d'où leur rare «sortie» en salle. «Voyez comment les couleurs sont éclatantes, explique Sonia Del Re, commissaire de l'exposition et conservatrice associée des Dessins et estampes européens, américains et asiatiques du Musée. Elles ont été conservées dans un état exceptionnel. C'est une chance inouïe de les avoir toutes réunies.»

Véritable festin pour les yeux, on y reconnaîtra le style de Chagall, bien qu'il traduise ici le récit d'un autre. «Figures déconstruites flottant dans le ciel, animaux, paysages, fleurs, détails architecturaux et couleurs vives sont autant d'éléments distinctifs que l'on trouve dans cette série, sans doute la plus marquante de sa production, ajoute Mme Del Re. Il a préparé au total 100 planches, chacune d'entre elles étant composée de 20 à 25 couleurs différentes, un projet qui a pris quelque 1000 heures de travail.»

Chagall aura donc employé cette technique jusqu'à la fin de sa vie. Le jour de sa mort, l'artiste signait le dernier bon de commande pour ce qui fut la 1050e lithographie de sa carrière, rappelle la commissaire. Un concentré de beauté qui vaut indéniablement le détour.

Frederick H. Evans

Si l'une brille d'un coloris arc-en-ciel, l'autre exposition invite à la contemplation, à l'immersion dans un monde plus introspectif fait de teintes de gris, de noir et de blanc où lumière rime avec lyrisme.

Artiste britannique (1853-1943) du 19e siècle, Frederick H. Evans est un passionné de littérature, de musique, d'art et de philosophie des sciences naturelles. Il a fait ses premiers pas en photographie en 1883 après s'être procuré un appareil de photomicrographie.

Quelque 70 oeuvres ont été sélectionnées par Ann Thomas, conservatrice de la collection de photographies du Musée, soit des épreuves au platine et des photogravures nous montrant des cathédrales, des forêts et des paysages de la campagne anglaise.

Par leur composition et leur finition, certaines photographies s'apparentent à des dessins tant les détails sont révélés avec une infinie délicatesse. L'observateur se plaira très certainement à perdre son regard dans la montée d'un escalier, à l'intérieur d'une abbaye ou sur un détail d'architecture gothique britannique.

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