L'architecte de l'abstrait poétique

L'artiste gatinois Étienne Gélinas... (Etienne Ranger, LeDroit)

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L'artiste gatinois Étienne Gélinas

Etienne Ranger, LeDroit

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Tel un architecte de l'abstrait, le Gatinois Étienne Gélinas continue de construire méticuleusement un univers où science et poésie cohabitent pour le plus grand plaisir des yeux.

Résultat de sa maîtrise à l'Université du Québec en Outaouais en muséologie et pratique des arts, Code permanent, sa plus récente exposition, lui a permis d'articuler son langage pictural dans un dialogue porteur de nouveaux horizons.

«Les plans d'architecture étaient présents dans mes premières oeuvres, rappelle l'artiste, rencontré à la galerie Montcalm. Ils suggéraient déjà la notion d'espace, mais de manière plus symbolique.»

Aujourd'hui, ils lui permettent de faire vivre ses tableaux hors cadre, en se jouant des perspectives, des lignes de fuite et d'une troisième dimension impossible pour mieux mettre en scène des formes paradoxales.

«Je crée des effets de profondeur qui défient la mécanique de l'oeil. J'ai fait beaucoup de recherches sur ce sujet pour ensuite travailler mes tableaux dans l'optique d'immerger les gens dans une abstraction où chacun peut trouver sa vérité.»

Voilà d'ailleurs pourquoi il titre sobrement ses toiles d'un numéro.

«Je ne veux rien imposer afin de permettre au spectateur d'interpréter en toute liberté ce qu'il est en train de regarder.»

Ainsi, quelqu'un peut voir un portrait dans Comp 411, les bandes noires délimitant le col d'une chemise ou d'une robe... Ou s'imaginer en train de contempler une vue aérienne de l'embouchure d'une rivière déversant ses flots et limon dans un fleuve, dans le mouvement fluide de sa palette de blanc, bleu et noir (Comp 417).

De codes et de dialogue

Outre les plans d'architecte, les patrons de couture sont aussi toujours présents dans son oeuvre.

«C'est un médium que j'aime beaucoup, à cause des lignes des patrons et de leur transparence. Je peux donc les superposer pour densifier certains détails.»

Il s'intéresse tout autant, sinon plus, à la nature desdits patrons. «Leur dimension standardisée est très évocatrice de notre réalité individuelle confrontée à un moule universel...»

Après les avoir opposés à ses débuts, Étienne Gélinas ouvre un dialogue entre coulures, couleurs, plans architecturaux, patrons et formes géométriques, incluant ses fameux cercles. «Ils se font de plus en plus discrets, mais je n'ai pas encore réussi à m'en débarrasser complètement !» lance-t-il en riant.

S'y ajoutent toutefois, maintenant, des masses noires, déclinées en fini mat ou satiné, notamment pour donner l'illusion d'un escalier dans Comp 415.

S'ajoute, surtout, le fini lustré de ses toutes dernières toiles.

«Ce fini apporte une vitrification de l'image qui m'intéresse parce qu'elle renvoie à la multiplication des écrans dans notre quotidien. Or, cette prolifération des écrans modifie notre capacité à lire une image et, du coup, notre rapport à des images fixes comme mes tableaux.»

L'artiste le ressent: il tient là l'essence de ses prochaines réflexions et recherches picturales.

Pour y aller

QUAND? Jusqu'au 7 juin

OÙ? Galerie Montcalm

RENSEIGNEMENTS: 819-595-7488

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