Le MCH déballe ses premiers trésors de la Grèce antique

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Le Musée canadien de l'histoire (MCH) a commencé à réceptionner les caisses renfermant les quelque 500 «trésors» que lui a prêtés le gouvernement grec à la faveur de Les Grecs: d'Agamemnon à Alexandre le grand, laquelle constitue probablement la plus importante exposition sur l'antiquité grecque jamais présentée en Amérique du Nord, selon le conservateur de cette exposition itinérante, l'archéologue du MCH Terence Clark.

Cette prestigieuse collection ne sera présentée au public que le 5 juin, mais il faut d'ores et déjà se dépêcher (du moins en gardant à l'esprit le vieil adage grec σπεῦδε βραδέως, signifiant "hâte-toi lentement") de tout déballer, préparer et éventuellement restaurer, si jamais un objet a souffert du transport, ce qui prendra de longues semaines, tant chaque geste nécessite la plus parfaite minutie, rappelle le bras droit de M. Clark, Jean-François Léger, en charge de la mise en valeur artistique et créative des artefacts au MCH.

Un processus d'autant plus long que les deux hommes n'ont absolument pas le droit de poser leurs mains pleines de doigts sur le moindre objet... Seules les sommités grecques sont habilitées à manipuler ces artefacts datant de quelque 1500 ans avant notre ère, voire davantage. «Nous, on doit se contenter de désigner ce qu'on voudrait voir déplacé ou tourné de quelques pouces - mais c'est une pratique habituelle pour ce genre d'antiquités», expliquait mardi M. Clark à une poignée de journalistes.

Ceux-ci étaient venus assister au déballage de deux caisses, parmi les la précieuse cargaison de 45 boîtes qu'a fait parvenir au MCH le Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, Pointe-à-Callières, qui a présenté l'exposition en exclusivité pendant près de six mois.

Délicatesse extrême

Les deux caisses contiennent les pièces prêtées par le Musée archéologique de Mycènes. Ce sont donc le conservateur du musée grec, Lazaris Panagiotis, et ses deux assistantes, qui déballent un par un, avec une délicatesse qui confine à l'obsession, la quinzaine d'objets de bronze, d'argile et d'or protégés sous d'épaisses couvertures de mousse.

Nous sommes dans les entrailles du MCH, où les collections sont entreposées dans des conditions optimales de luminosité et de température. Sous le regard ému des responsables canadiens, six mains méticuleuses gantées de caoutchouc extirpent de leur écrin protecteur de fragiles figurines d'argile et les posent sur une table, où les rejoindra bientôt la reproduction du fameux masque funéraire exhumé par l'archéologue Henrich Schliemann en 1874 - et baptisé (à tort) «Masque d'Agamemnon».

«C'est difficile de mettre en mots notre état d'excitation», confesse M. Léger, qui, comme son confrère, s'empresse de donner quelques précisions sur l'origine, l'utilité, la finesse artisanale ou la rareté de chaque nouvel artefact déballé. «L'expressivité de ces statuettes me touche beaucoup, même si elles n'ont pas l'élégance du masque. Ce sont des objets qui sont plus près du peuple», explique-t-il de ces figurines destinées aux rites et processions religieux de la civilisation mycénienne.

Des objets très rares

Lentement, apparaissent une dague incrusté de délicates figures géométriques, des bagues servant de sceaux, une coupe en or mordue pas les deux chiens sculptés à même ses anses, un collier frappé d'«aigles doubles». Et d'autres objets parfois si rares qu'on ne peut que postuler leur usage, tel ce bijou à motif floral et brodé de feuilles d'or, qui servait «probablement» à orner un vêtement et à «témoigner du statut social de son propriétaire», indique M. Clark.

«C'est incroyable que l'État grec ait accepté de laisser ces pièces partir aussi longtemps, poursuit M. Léger. C'est un grand signe de confiance.»

Après Gatineau, l'exposition poursuivra sa route pendant plus d'un an, d'abord à Chicago (Field Museum), puis à Washington (National Geographic Museum).

Le duo canadien s'est d'ailleurs donné le mandat de «personnaliser» ces objets, à travers une mise en scène jouant sur le rang social. Nombre d'artefacts seront donc «portés» par des mannequins, à travers une galerie de personnages anonymes et de personnalités historiques clefs.

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