Une exposition qui sert de pont

Le rappeur Samian, de passage à Gatineau, a... (Martin Roy, LeDroit)

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Le rappeur Samian, de passage à Gatineau, a offert un spectacle gratuit en parallèle avec l'exposition.

Martin Roy, LeDroit

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L'exposition Anishnabeg: Histoire(s) et territoire(s), présentée jusqu'à vendredi sur le campus Félix-Leclerc du Cégep de l'Outaouais, se veut un lieu de découvertes ouvert à tous. Autour d'une vingtaine de toiles de l'artiste autochtone Diane St-Georges sont regroupés, dans la bibliothèque, des artefacts en provenance de diverses Nations (paniers tressés, vêtements ornés,etc.) de même que le résultat des travaux d'étudiants en histoire, anthropologie et sociologie de l'établissement.

Des affiches suspendues au-dessus des documents de référence sur ces questions mettent ainsi en valeur les connaissances que ces étudiants ont accumulées autant sur les premiers traités signés entre Européens et Premières Nations que sur les pensionnats, par exemple.

«On réclamait depuis longtemps de pouvoir intégrer la perspective et les connaissances des Premiers Peuples dans nos cours», a mentionné l'une des instigatrices du projet, Diane LeMay, hier, lors du vernissage de l'exposition.

La coordonnatrice du département d'histoire et de géographie, spécialisée en études autochtones, s'est dite particulièrement fière de la portée de l'initiative gatinoise. «L'exposition rassemble art, histoire et savoir. Elle se veut inclusive dans tous les sens. Nous avons présenté le projet lors de colloques et d'autres enseignants et directions se sont montrés intéressés à l'implanter dans leur cégep», a précisé Mme LeMay.

Pour Annie Smith St-Georges, aînée originaire de Kitigan Zibi, cela représente «un premier pas dans la bonne direction».

«Ça veut dire beaucoup, que ça se vive dans une école où les jeunes viennent pour apprendre et s'ouvrir l'esprit, parce qu'il est temps de réécrire l'histoire du pays en nous donnant la place qui nous revient», a-t-elle fait valoir.

«Quand on parle de réconciliation et de partenariat, nous avons tous nos responsabilités, a tenu à rappeler son conjoint, Robert St-Georges. Et elle est encore plus grande quand on parle d'enseigner l'histoire oubliée.»

Annie Smith St-Georges, qui a guidé le projet Anishnabeg: Histoire(s) et territoire(s) en lien avec les enseignants du Cégep, a aussi profité de l'occasion pour évoquer les disparitions et meurtres de nombreuses femmes autochtones à travers le pays. Les Poupées sans visages présentées dans le cadre de l'exposition font d'ailleurs écho à cette réalité.

Son témoignage a pris des accents particulièrement émouvants lorsque l'aînée a raconté le nombre effarant de jeunes qui, à l'instar de son propre fils de 16 ans, s'enlèvent la vie.

«Yannick s'est suicidé y a 25 ans, cette année...» a-t-elle souligné en se tournant vers le portrait de son garçon peint par l'artiste Diane St-Georges.

Être le pont

Parmi les activités prévues cette semaine dans le cadre du parcours multidisciplinaire mis en place au Cégep, le public et les étudiants sont notamment conviés à des conversations autour des thèmes de la dé-colonisation (aujourd'hui, 13h) et de la réconciliation (demain, 13h).

Des projections du documentaire Québékoisie de Mélanie Carrier et Olivier Higgins ainsi que des films réalisés par des autochtones grâce à la Wapikoni Mobile sont aussi au programme. Ayant lui-même participé au projet cinématographique du Wapikoni, en 2004, le rappeur Samian était de passage à Gatineau pour offrir un spectacle gratuit hier midi en parallèle avec l'exposition.

«Au lieu d'axer sur nos différences, il est temps de miser sur la rencontre, a soutenu l'auteur-compositeur-interprète. L'art me permet justement de montrer qui je suis, en tant que Métis. Quand je me retrouve devant une salle remplie à part égale par des autochtones et des non-autochtones, je ne suis pas en train de construire un pont: je suis le pont. Comme cette exposition s'avère un pont en son genre.»

Vlessard@ledroit.com

Où : Bibliothèque du campus Félix-Leclerc du Cégep de l'Outaouais

Quand : Jusqu'au 8 mai

Renseignements. : autochtonie.csimple.org

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