L'anatomie animale à vif

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Pour Khamal Khidas, ce genre d'exposition permet de mieux comprendre et respecter les organismes vivants.

Patrick Woodbury, LeDroit

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C'est dans un état de curiosité, de stupéfaction et de fascination qu'est plongé le visiteur en voyant les spécimens de Body Worlds: Animaux à corps ouvert, une exposition présentée dès vendredi au Musée canadien de la nature. Un incontournable de la saison estivale.

Imaginez une girafe, un calmar, un boeuf, une autruche ou encore un chameau, en taille réelle, dont les corps sans peau laissent voir tous leurs muscles, leurs vaisseaux sanguins, leurs poumons ou encore leurs intestins.

Pour plusieurs, le simple fait d'évoquer la chose peut provoquer un profond dégoût. Pourtant, les spécimens en démonstration n'ont rien de grotesque. Au contraire, ils ressemblent étrangement à une version 3D ultra sophistiquée des images qui figurent dans un ouvrage d'anatomie. Le corps animal dans toute sa force et sa splendeur.

La technique employée pour donner une deuxième «vie» à ces bêtes se nomme la plastination. Inventée en 1977 par l'anatomiste Gunther von Hagens, fondateur de Body Worlds, elle consiste à remplacer les fluides corporels, soit l'eau et les graisses, par des polymères (du silicone, par exemple) qu'on injecte dans les organes, lesquels durcissent au contact d'un gaz. Patience est le mot d'ordre lorsqu'on s'attaque à des animaux de grande taille: une équipe de 15 personnes peut mettre entre 20000 et 30000 heures pour transformer une girafe de cinq mètres.

Des oeuvres d'art

«Au départ, ce moyen de préservation servait à des fins éducatives, à des universitaires en médecine, explique M. Amal Khidas, conservateur de la collection des vertébrés au Musée canadien de la nature. En tant qu'expert dans le domaine, je vois dans cette exposition une combinaison de science, de technologie et d'art qui nous permet de mieux respecter et apprécier l'être vivant.

Certaines pièces s'apparentent bel et bien à des oeuvres d'art, notamment toute la série d'animaux dont on a reconstruit les vaisseaux sanguins. Agneau, lapin, cochon, autruche, chien et cochon prennent forme délicatement sous une dentelle rouge vif d'une finesse remarquable.

Au coeur de cette faune remodelée se trouve un corps humain, à l'instar des nombreux autres qui ont été montrés dans le cadre de l'exposition Bodies, présentée à Montréal en 2009 dans la controverse, comme partout ailleurs sur son passage.

«Grâce à la présence de ce corps humain, on peut de faire de l'anatomie comparée, souligne M. Khidas, le professeur en lui s'animant vivement. Quelles sont les différences et ressemblances entre nous et les animaux? Que ce soit le système musculaire, digestif ou cardio-vasculaire, tout est prétexte à comparaison pour mieux comprendre notre évolution et notre place dans la nature.»

Une centaine de mammifères, d'invertébrés, de poissons et d'oiseaux sont réunis au sein de cette exposition qui a été présentée en Europe et aux Etats-Unis devant plus de 40 millions de visiteurs. Jeu-questionnaire, ateliers, chasse aux trésors et dissection sont autant d'activités qui s'ajoutent pour satisfaire le scientifique amateur et enrichir une «attraction» qui alimentera bien des discussions autour de la machine à café.

Pour y aller

QUAND? Du 1er mai au 20 septembre

OÙ? Musée canadien de la nature

RENSEIGNEMENTS: www.nature.ca

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