L'oiseau de Yugz fait tache d'huile

L'emblématique oiseau de Yugz est représenté comme s'il... (Etienne Ranger, LeDroit)

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L'emblématique oiseau de Yugz est représenté comme s'il n'était plus que l'ombre de lui-même.

Etienne Ranger, LeDroit

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Notre rapport au pétrole demeure au coeur de la réflexion picturale de Hugo Sabourin, alias Yugz. Avec Jouer avec le feu, sa nouvelle exposition présentée à La Fab de Chelsea jusqu'en mai, il évoque les risques inhérents à la production de cette matière.

Yugz célèbre à sa manière le cinquième anniversaire de la catastrophe écologique découlant de l'incendie survenu sur la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, au large du golfe du Mexique. Plus de 700 millions de litres de pétrole brut s'étaient échappés du gisement, dans la foulée de l'explosion du 20 avril 2010.

Le visiteur ne s'étonnera donc pas de voir l'emblématique oiseau de l'artiste prendre ici une forme au pochoir, souvent noire comme le goudron, comme s'il n'était plus que l'ombre de lui-même... Notamment à l'intérieur d'une cage d'un nouveau genre: un téléviseur totalement peint en bleu, dont l'écran est fort à propos crevé (Breaking News).

Du lot, No Bird's Land ressort toutefois comme la pièce maîtresse de l'exposition.

Primo, parce qu'il s'agit de son tableau le plus imposant (sa toile est insérée dans un cadre de fenêtre ou de porte d'un jaune vif et posée sur chevalet).

Deuxio, parce que l'oeuvre présente deux facettes. Au recto, Yugz déploie un paysage où on peut voir un cours d'eau, des arbres, voire des fleurs, évoqués par des couleurs vives... menacées par des traits noirs semblant cibler de potentiels sites d'exploitation. Au verso, le visiteur en découvrira la raison: des voitures bien alignées...

On reconnaît donc figures (l'incontournable voiture) et symboles récurrents (des flammes) dans ses oeuvres, entre autres dans Oil Addict. Et si Yugz utilise encore des lattes de bois de caisses (qu'il a brûlées, pour bien illustrer son propos), il joue aussi avec le plastique ici et là, voire avec la notion d'éphémère.

Il y a un indéniable aspect ludique au travail de l'artiste visuel. Ses trois Selfie en font notamment la preuve, arborant des tags épelant le mot «Me».

Mais cet aspect spontané, bien que réfléchi, n'en demeure pas moins un brin déconcertant par moments. On comprend ce que le Gatinois cherche à exprimer par les traits noirs, rose et bleus sur un morceau de papier peint fleuri No Bird's Land (37), mais on éprouvera peut-être un peu plus de difficulté à en apprécier la forme.

Pour y aller

QUAND? Jusqu'au 17 mai

OÙ? La Fab, à Chelsea

RENSEIGNEMENTS: 819-827-3326; culturechelsea.ca

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