Mary Pratt et la beauté du quotidien

Vignette de Gelée de groseilles, peinture à l'huile... (Courtoisie)

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Vignette de Gelée de groseilles, peinture à l'huile sur Masonite, réalisée en 1972.

Courtoisie

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La lumière, la couleur, les rituels du quotidien - et leur beauté - caractérisent l'oeuvre de Mary Pratt, peintre canadienne dont les tableaux sont à l'honneur dès samedi au Musée des beaux-arts du Canada dans le cadre du programme Comprendre nos chefs-d'oeuvre.

«Les visiteurs sont fascinés par la peinture réaliste de Mary Pratt. Il faut les voir s'approcher des tableaux, si près, les scrutant méticuleusement pour tenter de comprendre sa technique», affirme Jonathan Shaughnessy, conservateur associé de l'art contemporain au MBAC.

Née en 1935 à Fredericton au Nouveau-Brunswick, Mary Pratt est titulaire d'un baccalauréat en arts de l'Université Mount Allison. Artiste de renommée internationale, elle habite aujourd'hui à St. John's (Terre-Neuve), là où elle continue toujours de s'adonner à sa passion.

L'exposition qui réunit des tableaux, des travaux d'étude et des estampes s'articule autour de Gelée de groseilles, une oeuvre emblématique de la peinture réaliste. Pour Mary Pratt, cette «petite peinture», comme elle la surnomme, a une signification toute particulière. Elle symbolise ce moment où elle réussit enfin à reproduire le rouge, une couleur qu'elle porte dans son coeur, celle-ci lui rappelant notamment son enfance et la gelée de groseilles que lui préparait sa mère.

Le défi résidait alors dans la difficulté à rendre la transparence du rouge, telle qu'on la voit à travers le pot et la lumière. La photographie, qui fait partie de sa pratique artistique depuis 1969, lui permettra de saisir toutes les nuances de ses «petits joyaux de réalisme» qu'on ne pourrait voir autrement. D'où la possibilité, maintenant, de les recréer avec un réalisme saisissant.

Son processus créatif est simple. Elle trouve d'abord un sujet qui l'intéresse, sujet qu'elle prend ensuite en photos, lesquelles sont envoyées à Toronto et transformées en diapositives. De retour à la maison, celles-ci sont étalées sur une table lumineuse. Mme Pratt tente alors de trouver le cliché qui lui rappellera cette émotion ressentie lorsque ledit sujet capta son attention pour la toute première fois.

Les petits «sacrifices»

L'exposition met donc en lumière l'évolution de son impressionnante technique, de même que son thème de prédilection - la vie quotidienne - et ce qu'elle évoque, soit l'amour, les devoirs familiaux et le passage du temps. Des toiles comme Poulets éviscérés (1971) et Tête de poisson dans un évier d'acier (1983) montrent quant à elles les «sacrifices» que nous faisons pour vivre au quotidien, autre sujet qui fascine l'artiste.

«Mary Pratt jouit d'une indéniable reconnaissance auprès de ses pairs et du public, fait valoir Jonathan Shaughnessy. Cela dit, certains ont critiqué le réalisme de son oeuvre, cherchant à comprendre le sens, par exemple, de ces poulets éviscérés qui - à la limite - peuvent sembler grotesques. Selon moi, ses toiles témoignent d'une organisation du quotidien, d'une vision du monde, de la vie familiale et de la place que nous occupons sur cette terre.»

Pour y aller

OÙ? Musée des beau-arts du Canada

QUAND? Du 4 avril 2015 au 4 janvier 2016

RENSEIGNEMENTS: 613-990-1985; www.beaux-arts.ca

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