Visages mis à nu à l'Espace Pierre-Debain

Spectaculaire, la pièce Sorites Fetish (notre photo) trône au coeur... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Spectaculaire, la pièce Sorites Fetish (notre photo) trône au coeur de la salle principale.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Un enchevêtrement de lettres majuscules formant le visage d'une personne, cheveux au vent. Des milliers, voire des dizaines de milliers de boulons finement soudés et rassemblés en sourcils, yeux, bouche et nez.

L'Ontarien Dale Dunning sculpte, coule et fond dans son atelier d'Almonte, des oeuvres de bronze et d'aluminium pour le moins impressionnantes. Sa plus récente exposition, Personae, en regroupe une douzaine à l'Espace Pierre-Debain, secteur Aylmer.

Spectaculaire, la pièce Sorites Fetish (notre photo) trône au coeur de la salle principale.

Elle frappe d'abord par sa taille: ce «visage» de boulons mesure un peu moins d'un mètre de hauteur. Ensuite, parce qu'elle se dévoile de l'intérieur, permettant ainsi au visiteur d'«entrer» sous le masque pour en déboulonner le mystère de conception, révélant les points de soudure, la minutie du travail de Dale Dunning. Se retrouver devant le résultat après l'avoir contourné n'en devient que plus fascinant.

Si Sorites Fetish en impose, d'autres pièces touchent tout autrement.

C'est notamment le cas de Prometheus. Le titre de l'oeuvre laisse sous-entendre qu'il s'agit d'un des Titans de la mythologie grecque. Dans l'amalgame des lettres (dont certaines sont teintées d'une légère patine rougeâtre), on pourrait cependant voir une femme aussi bien qu'un homme. Admirer un être torturé ou en paix...

Prometheus, de Dale Dunning.... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit) - image 2.0

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Prometheus, de Dale Dunning.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Le masque Palimpsest, de Dale Dunning.... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit) - image 2.1

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Le masque Palimpsest, de Dale Dunning.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

L'impression de mouvement dans les cheveux est peut-être responsable de cette illusion de sérénité.

Créé à partir de lettres rappelant l'époque des typographes dans les journaux ou encore celle des bonnes vieilles dactylos, le masque Palimpsest provoque le même sentiment.

D'aucuns croiront faire face à une série de masques mortuaires (et ce, même si certains se parent d'ailes comme d'un loup de bal masqué).

D'autres se laisseront plutôt gagner par la force tranquille que ces visages dégagent.

Disposés face à face, mais de part et d'autre de la salle, les deux visages colorés - Midori Koi (en vert) et Akai Koi (en rouge) - évoquent pour leur part un certain exotisme. Les agencements de volutes métalliques rappellent les traits des masques balinais ou nippons.

Natures mortes

Curieusement, ce ne sont pas les sculptures de Dale Dunning qui accueillent les visiteurs, mais d'étonnantes impressions numériques.

Si ces «collages» attirent l'oeil par leur composition a priori séduisante, ils peuvent parfois provoquer un mouvement de répulsion lorsque certaines personnes réalisent qu'ils sont composés à partir de plumes et de squelettes d'oiseaux morts.

Cela n'empêche pas Nature morte 02 de faire un écho - bien que morbide - aux masques qui attendent le public dans l'autre pièce, en quelque sorte. Des pattes y font notamment penser à des cornes, dans un saisissant effet miroir créant l'illusion d'un masque de sorcier ou de diable.

Pour y aller

QUAND? Jusqu'au 19 avril

OÙ? Espace Pierre-Debain

RENSEIGNEMENTS: 819-685-5033

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