Plongée dans Le Rouge et le Noir

Josée, de Mustapha Chadid... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Josée, de Mustapha Chadid

Patrick Woodbury, LeDroit

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C'est dans une salle tout juste rénovée que l'exposition Le Rouge et le Noir prend l'affiche jusqu'au 19 avril à la galerie Montcalm. Sa commissaire, Dominique Laurent, continue d'y provoquer le rapprochement des artistes, de l'art et du public. Elle pousse la poésie un peu plus loin, cette fois, en les réunissant sous le titre de l'oeuvre la plus connue de Stendhal. «Les gens ne se souviennent pas du contenu du roman, mais son titre leur évoque quelque chose», remarque-t-elle.

Le choix de la galeriste est de nous immerger dans un grand bain aux dominantes rouges et noires, de faire corps avec la diversité des oeuvres sélectionnées. Parmi 82 dossiers soumis, la moitié d'entre eux ont été retenus, défendus principalement par des artistes de la région.

Il y a évidemment les participations qui s'inspirent explicitement du roman: dès l'entrée, le jeune héros Julien Sorel accueille le visiteur dans une pose alanguie, le poitrail découvert, la moue boudeuse avec un faux air de Robert Pattinson sous le pinceau de Reid McLachlan. À ses côtés veille une curieuse créature, effrayant assemblage de tête de piano, fourrures, cordes de métal et cornes de buffles, un totem diabolique signé JoAnne Migneault. Sans oublier ces titres de tableaux forcément évocateurs auprès des lecteurs de Stendhal: Ambitions vouées à l'échec de Victor Pavlov, ou encore Du séminaire à la guillotine de Steve Young, respectivement huile sur toile et aquarelle sur papier.

Le thème est aussi sujet à toutes les extrapolations. Visiblement, la tendance esthétique verse dans la déclinaison variée du rouge et/ou du noir: robe, vitraux, estampes numériques, installations de recycl'art (la Josée en métal de Mustapha Chadid, notre photo), les couleurs vives tranchent avec la blancheur des murs. D'autres artistes y affirment la présence du corps féminin dans tous ses replis, qu'il s'agisse du coeur écarlate de la Marie-Antoinette 27 signée Dominik Sokolowski ou de la femme-écailles de Denise Levesque.

Plusieurs toiles relèvent d'un paysage incandescent très justement calculé, d'autres de courbes féminines dans leurs variantes les plus sensuelles, d'autres encore d'étranges hybridations mi-abstraites, mi-paysagères, où l'entente des tons et la texture de la matière importent plus que l'image. Toutes les oeuvres ne sont pas également convaincantes, mais elles séduisent, comme séduit l'attitude de cet artiste qui ne s'interdit rien en inventant «un enregistreur de vol» que l'on jurerait avoir vraiment existé. Son lien avec l'exposition? «Le vestige d'une boîte noire d'avion... peinte en rouge», explique Dominique Laurent. Belle envolée!

Pour y aller

QUAND? Jusqu'au 19 avril

OÙ? Galerie Montcalm

RENSEIGNEMENTS: 819-595-7488

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