André Turpin, dompteur de lumière

André Turpin, cinéaste et directeur photo... (Marco Campanozzi, La Presse)

Agrandir

André Turpin, cinéaste et directeur photo

Marco Campanozzi, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

André Turpin entretient une sorte de relation d'amour-haine avec la lumière.

D'un côté, l'homme en lui la cherche, à toute heure de la journée. Par nécessité.

«Tous les appartements et maisons que j'ai loués ou achetés dans ma vie l'ont été en fonction de leur exposition au soleil et de leur fenestration, soutient le Gatinois d'origine. J'ai un réel besoin d'avoir de la lumière dans ma vie quotidienne, si bien que je change de pièces, dans mon appartement, en fonction de luminosité. Je vis plus à l'est le matin, et je me tourne vers l'ouest, le soir.»

De l'autre, toutefois, le directeur photo prisé et moult fois couronné (Maelström et Incendies de Denis Villeneuve; C'est pas moi je le jure! de Philippe Falardeau; Mommy de Xavier Dolan) et cinéaste (Un crabe dans la tête) qu'il est «n'aime pas beaucoup le soleil».

«Dans mon métier, le soleil, c'est un gros paquet de troubles!» lance-t-il en riant.

André Turpin a toutefois appris à non seulement composer avec les exigences des réalisateurs avec lesquels il travaille, mais aussi avec la lumière naturelle, tant sur les plans esthétiques que techniques. Qu'il soit amené à jouer de filtres pour la colorer ou à créer des textures, tout est question de la dompter.

«D'habitude, la lumière teinte une scène, lui donne un ton. Il faut donc que je la contrôle. Et c'est ça le plus difficile dans mon travail.»

Sur un plateau de tournage, l'ancien de l'école Côte-du-Nord et du Collège Saint-Alexandre l'approche donc à l'instinct, pour mieux la sculpter, «comme un matériau concret, tangible» au final.

La technologie a grandement évolué depuis qu'il a tourné son premier long métrage, Un crabe dans la tête, en 2001.

«On avait beaucoup plus de surprises à gérer quand on devait développer la pellicule après avoir essayé des recettes de saturation de couleurs comme dans Maelström de Denis ou C'est pas moi je le jure! de Philippe, par exemple!»

L'arrivée du numérique change assurément la donne pour les alchimistes de la lumière comme lui. «Les caméras d'aujourd'hui 'voient' comme nous à l'oeil nu. Tu peux donc plus te fier à ce que tu regardes dans le moniteur, et sculpter la lumière en direct»

Mais cette matière qui le fascine tant, il peut aussi l'observer... en pleine nuit.

«Si je me réveille dans un endroit où je dors pour la première fois, comme une chambre d'hôtel, je peux passer plusieurs minutes à étudier comment la lumière d'un lampadaire éclaire la pièce à travers les rideaux, en me demandant comment je pourrais l'imiter...»

André Turpin est en montage de son nouveau film, intitulé pour le moment Endorphine, dont la sortie est prévue à l'automne. «Cette fois, j'ai embauché une directrice photo! J'apprends à lâcher prise!» fait gaiement valoir le scénariste et réalisateur.

Partager

À lire aussi

  • Les créateurs sortent de l'ombre

    Arts visuels

    Les créateurs sortent de l'ombre

    Ils ont l'habitude de mettre les autres en lumière, qu'ils jouent de projections en 3D ou qu'ils sculptent des éclairages pour faire briller les... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer