Guillaume Houët, l'art de l'invisible

Guillaume Houët, un concepteur d'éclairages hors du commun.... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Guillaume Houët, un concepteur d'éclairages hors du commun.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Quiconque a assisté à au moins une pièce de théâtre en français à Ottawa, au cours des 12 dernières années, a «vu» le travail de Guillaume Houët. Depuis 2003, ce concepteur d'éclairages a écumé toutes les compagnies professionnelles d'Ottawa-Gatineau, en plus d'éclairer de nombreux spectacles de danse. L'artisan s'efforce de rester discret, voire invisible, en suivant une «démarche naturaliste».

«J'essaie toujours de tendre vers [des tableaux] que pourrait créer la lumière naturelle. Je travaille avec des teintes. Je n'aime pas les couleurs saturées, qu'on ne retrouve pas dans la nature», explique cet autodidacte qui est «arrivé à la lumière par le biais de la photographie» durant des études en cinéma.

«Il y a des centaines de façons d'éclairer un sujet. C'est le fun de comprendre laquelle va nous aider à le cerner. L'idée, c'est de mettre le focus sur ce qu'on veut que le public retienne, à chaque instant», explique Guillaume Houët, qui, durant les séances de répétitions, passe des heures à dessiner et conceptualiser ses tableaux.

Il évite à tout prix de «styliser», préférant donner l'impression qu'il n'y a qu'une source de lumière, «même quand il y en a, en réalité, 40». «L'erreur serait de penser que mon travail consiste à montrer le plus possible. Il y a un équilibre à atteindre entre voir et comprendre. Un bon éclairage, c'est un éclairage dont on ne parle pas, car il n'est pas le point de mire.»

Il privilégie les lentes gradations aux brusques changements, mais ne perd pas de vue que chaque choix technique doit être porteur de sens, et non se contenter d'une justification purement esthétique. Ce qui, de la part de l'éclairagiste, nécessite de rester «très connecté au texte et à la vision du metteur en scène». Ce qui n'interdit pas le dialogue... aux allures de «négociation» quasi-permanente.

«Quand un décor me fait tripper, j'essaie de mettre en lumière ses qualités plastiques». Mais il préfère «travailler sur des "non-lieux"», c'est-à-dire des scènes nues, lorsque «les jeux de lumières viennent définir le temps et l'espace où évoluent les comédiens». Ce qu'il a fait par exemple dans la pièce Écume, qui n'avait pour tout décor qu'un grand tapis, et où il fallait suggérer différents lieux. Son travail lui avait valu un prix Rideau, en 2011. Ce trophée régional soulignant l'excellence en théâtre, il l'a aussi reçu en 2010 pour L'honnête homme et en 2012 pour Frères d'hiver.

Ces jours-ci, M. Houët travaille sur la reprise de la pièce Quand la mer..., d'Esther Beauchemin, que le Théâtre de la Vieille 17 présentera jeudi le 12 février, puis les 13, 14, 16, 19 et 20 février, à l'école De La Salle.

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