L'entraide féminine au-delà des clichés

L'exposition de photos de Pete Muller nous emporte... (Etienne Ranger, LeDroit)

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L'exposition de photos de Pete Muller nous emporte au coeur de la beauté congolaise. À voir à la Galerie Saw.

Etienne Ranger, LeDroit

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Au printemps dernier, le dramaturge québécois Philippe Ducros conviait le visiteur de la Galerie Saw à un parcours commenté d'une cinquantaine de photographies prises lors d'un séjour en République Démocratique du Congo. Sa Porte du non-retour pointait alors les plaies africaines et l'inaction occidentale que peut ressentir un étranger de passage. Soit.

Moins d'un an plus tard, la Galerie Saw propose une nouvelle exposition photo qui lui fait écho mais renverse le point de vue du côté des principales intéressées. La beauté au coeur des histoires: les Congolaises prennent la parole s'appuie sur le témoignage des victimes de violences sexuelles mais souligne surtout le travail des défenseurs locaux qui se battent au quotidien, sur place, pour faire progresser les droits des femmes et des filles au Congo.

Dès l'entrée, des photos de femmes violées, le visage caché sous une étoffe, posent le cadre du parcours, mais font ensuite place aux portraits fiers de militantes actives auprès de ces survivantes traumatisées. Rien de graphiquement atroce, seulement des regards égarés qui en disent bien plus long.

Un acronyme revient sur toutes les lèvres: SOFEPADI, soit Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral, l'organisme chapeauté par Julienne Lusenge à l'origine de ce projet photographique réalisé par Pete Muller.

En filigrane, on y découvre le rôle de cette organisation congolaise qui oeuvre pour la défense et la promotion des droits des femmes : soutien médical, psychosocial et juridique auprès des victimes de viol, initiatives pour faciliter leur réintégration dans les collectivités, formation sur les droits de la personne... SOFEPADI agit sur plusieurs fronts et rend hommage, par le biais de cette superbe exposition, à la solidarité féminine en marche pour panser les plaies de l'Afrique.

In fine, elle redonne à ce continent qui croule sous les clichés misérabilistes le droit à la reconnaissance. On quittera l'exposition en se disant que l'Afrique, en matière d'énergie solidaire, déborde de ressources.

Pour y aller

QUAND? Jusqu'au 6 février

OÙ? Galerie Saw, Cour des arts

RENSEIGNEMENTS: 613-236-6181

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