La Grèce antique exposée avec ambition

L'archéologue et conservateur de l'expo Les Grecs -... (Courtoisie)

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L'archéologue et conservateur de l'expo Les Grecs - d'Agamemnon à Alexandre le Grand, Terence Clark, dans l'enceinte du Parthénon.

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(ATHÈNES, Grèce) Les Grecs - D'Agamemnon à Alexandre le Grand, que le Musée canadien de l'histoire (MCH) accueillera du 5 juin au 12 octobre 2015, sera «la plus ambitieuse exposition portant sur la Grèce antique que l'Amérique du Nord ait vu depuis une génération», estime le conservateur de cette exposition, l'archéologue Terence Clark.

C'est toutefois au musée Pointe-à-Callière, à Montréal, que revient l'honneur de recevoir en première mondiale, dès vendredi et pour une durée de six mois, cette ambitieuse exposition qui retrace 5000 ans d'histoire de la péninsule hellénique. 

Ambitieuse, aussi, parce qu'une cohorte de plus de 20 musées grecs a mis la main à la pâte. Ensemble, ils prêtent à quatre musée nord-américains près de 550 artefacts: masques funéraires et couronnes en or, bijoux, poteries, attirail militaire; des sculptures en marbre ou en terre glaise (kouros et korês, statue d'Alexandre divinisé par des cornes «paniques» à son front, tête d'Homère, etc.); et des pièces de monnaie et autres objets de la vie quotidienne.

Autant de «joyaux d'une valeur inestimable», estime la vice-présidente du MCH, Chantal Schryer.

D'une «ampleur sans précédent», cette concertation représente un «défi» immense pour son collègue Terence Clark, archéologue plutôt versé dans les sites autochtones de la côte Ouest. Le conservateur a dû composer avec les consignes et inquiétudes de chacun des éminents spécialistes, «souvent bien plus calés» que lui, qui ont accepté de lui confier des «trésors du patrimoine archéologique grec» auxquels ils sont souvent «sentimentalement très attachés».

«Cinq mille ans d'histoire, c'est vaste, et on ne peut malheureusement pas tout dire.» De plus, «avoir de superbes pièces ne suffit pas: l'important, c'est de savoir comment on va raconter et présenter cette histoire», explique M. Clark. 

Pour le public nord-américain, il s'est efforcé d'«humaniser» l'approche, notamment par le biais de «11 rencontres» avec des personnes ayant existé. Rois, héros ou quidam, ces effigies grandeur nature porteront des accessoires que le public pourra toucher. Et comparer avec les authentiques artefacts dont ils sont les répliques. 

L'interactivité, les passerelles vers les réseaux sociaux ont été soignés. Une application pour téléphones mobiles offrira une expérience de «réalité augmentée» face à certains objets, avertit-il.

Songeant au jeune public, il dit avoir gardé une place importante aux grands mythes grecs.

Redorer l'image de la Grèce

En ce début novembre, Terence Clark arpente Athènes au sein d'une délégation canadienne qui multiplie les visites muséales afin de constater le bon déroulement des ultimes préparatifs avant que les précieux objets soient acheminés par avion vers Montréal.

Ce soir-là, l'archéologue affiche une mine ravie. C'est qu'il revient tout juste d'une rencontre avec l'ambassadeur du Canada en Grèce, Robert Peck, et Eleftherios Angelopoulos, son  prédécesseur. Les deux diplomates ont martelé leur gratitude envers «la vision, la motivation et le dévouement du Musée canadien de l'histoire», sans omettre de souligner «l'enthousiasme» de son directeur général, Jean-Marc Blais, idéateur du projet, ainsi que l'«énorme accomplissement» de l'équipe de Terence Clark, qui travaille sur le projet depuis plus de deux ans. 

«C'est une occasion unique pour affirmer que la Grèce est de retour» au devant de la scène, s'est exclamé l'ambassadeur Peck, en rappelant que beaucoup des objets ici réunis n'étaient jamais sortis des frontières du pays auparavant.

Pour la République hellénique, ce prêt est aussi une façon de redorer à l'étranger une image ternie par la crise financière et le chômage endémique.

«Cette très ambitieuse exposition représente une opportunité de montrer non seulement le visage de notre glorieux passé, mais aussi celui de la Grèce moderne», avance le Ministre des Affaires étrangères Evangelos Venizelos, après avoir évoqué le «patriotisme archéologique des Grecs», plutôt frileux à l'idée de voir leurs trésors traverser les frontières.

Leurs appréhensions ne sont pas étrangères au fait que, pour admirer le bas-relief de leur monument national, le Parthénon, ils doivent se rendre... au British Museum. La fresque de marbre a été envoyée à Londres en 1901, par l'ambassadeur à Constantinople, Lord Elgin. Les approches diplomatiques menées pour la récupérer ont échoué jusque-là. 

«Et on est très heureux de commencer [cette ouverture internationale] par nos alliés du Canada», indique le ministre Venizelos.

Les visiteurs canadiens sont dans la mire de la ministre du Tourisme, Olga Kefalogianni, car ils sont beaucoup plus dépensiers que les Européens, constate-t-elle. Elle ne cache pas miser sur cette exposition-vitrine pour susciter les envies de voyages aux abords de la mer Égée.

Après Pointe-à-Callière et Gatineau, Agamemnon, Alexandre et leurs compatriotes prendront le chemin des États-Unis. The Field Museum, à Chicago, et le National Geographic Museum, à Washington, les recevront ensuite. Ces quatre musées ont uni leurs forces au sein d'un consortium dirigé par le MCH, afin de faciliter la mise sur pied de l'exposition.

 Les frais de ce voyage ont été assumés en partie par le Musée canadien de l'histoire.

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