L'homme et l'animal, selon Mat Dubé

L'exposition de l'Ottavien Mathieu Dubé, alias Mat Dubé,... (Etienne Ranger, LeDroit)

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L'exposition de l'Ottavien Mathieu Dubé, alias Mat Dubé, explore dans un symbolisme aussi foisonnant que futuriste la relation entre homme et animaux.

Etienne Ranger, LeDroit

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Quelle part animale abrite-t-on en soi et, à l'inverse, quelle part d'humanité s'exprime chez l'animal? La nouvelle exposition de l'Ottavien Mathieu Dubé, alias Mat Dubé, explore dans un symbolisme aussi foisonnant que futuriste la relation entre homme et animaux. Il le fait également dans un surprenant et fascinant alliage de sculptures en 3D et d'aquarelle.

Les détails des visages, masculins ou d'animaux (singes et lapins, principalement), jumelés à leur expression résolument mélancolique, happent le regard, troublent les perceptions. Les yeux du singe de Mobile, particulièrement tristes, vont d'ailleurs jusqu'à farfouiller l'âme.

«L'idée à la base de cette exposition, je l'ai eue lorsqu'on a décidé, ma femme et moi, d'avoir des poules et des lapins à la maison. Tout le monde nous disait qu'il s'agissait d'animaux peu intelligents, voire niaiseux, ce qui n'est pas le cas, a-t-on constaté en un an et demi d'élevage», raconte Mathieu Dubé.

Il s'est dès lors demandé pourquoi les chats et les chiens sont respectés, alors que d'autres animaux sont dénigrés au point d'en devenir un produit marchandable. Son processus de réflexion culmine dans Multi-Tools, actuellement présentée dans la galerie d'un studio de tatouage d'Ottawa.

Deuxième souffle

Mathieu Dubé a traversé une période creuse, côté artistique. C'était avant de vendre sa maison et de prendre la route des résidences d'artiste avec sa conjointe, route qui les a récemment menés à Berlin et à Barcelone, entre autres destinations.

Grâce à ces escales inspirantes, il a perfectionné une technique qui lui permet aujourd'hui d'intégrer la sculpture dans ses tableaux. Et qui lui a surtout redonné envie de créer.

Après avoir sculpté ses personnages, il les prend en photo, traite les images à l'ordinateur et les imprime sur du papier aquarelle. Il découpe ensuite les parties avec lesquelles il veut travailler ses tableaux (visages et mains). Puis, il colle ces éléments sur une autre feuille de papier aquarelle avant de peindre autour.

«Cette nouvelle technique me permet entre autres d'ajouter de la couleur à mes sculptures de terre cuite, et de les intégrer dans mes tableaux. Le mariage des deux médias m'ouvre d'autres dimensions et m'a vraiment donné le goût de continuer à pousser dans cette voie.»

Le poulpe de Stomach Squid pourrait très bien rendre compte d'un mal-être tentaculaire rongeant son hôte de l'intérieur. Mathieu Dubé creuse donc l'interdépendance entre humains et animaux à plus d'un niveau et dans une esthétique futuriste qui n'est pas sans rappeler l'univers d'Enki Bilal.

«C'est drôle que tu mentionnes Bilal. Jeune, je ne lisais pas ses BD mais j'en regardais ses illustrations de manière presque obsessionnelle. Elles sont toujours là, enfouies en moi, je suppose... Il y a assurément une ressemblance dans les regards pensifs, le désespoir des personnages», reconnaît l'Ottavien.

Pour y aller >

  • OÙ? Studio et galerie Railbender
  • QUAND? Jusqu'au 8 février
  • RENSEIGNEMENTS: 613-725-6061 ; railbenderstudio.com
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