La face cachée de Jean-François Provost

Avec Présages, le peintre Jean-François Provost délaisse les... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Avec Présages, le peintre Jean-François Provost délaisse les abstractions colorées pour pénétrer dans un univers à la fois détaillé et épuré.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Par sa fascination pour les astéroïdes, Jean-François Provost repousse les horizons de sa démarche artistique. Le peintre délaisse les abstractions colorées et structurées auxquelles il a habitué le public, le temps de présenter Présages à la galerie Art-image de la Maison de la culture de Gatineau. Ce faisant, il plonge dans un univers à la fois infiniment détaillé et magnifiquement épuré. Et servi en clin d'oeil à l'actualité, pourrait-on croire.

Alors que les amateurs et scientifiques ont été des milliers à récemment suivre la quête du robot Philae et de la sonde Rosetta sur et autour de Tchouri (Tchourioumov-Guerassimenko), l'artiste visuel lui a justement réservé une place dans son plus récent travail.

Ce corpus s'inscrit toutefois dans une réflexion et un intérêt soutenus pour les astéroïdes, qui nourrissent l'imaginaire et les questionnements de Jean-François Provost depuis longtemps, du potentiel catastrophique de l'impact de l'un d'entre eux sur la Terre et de l'urgence de vivre qui découle de cette menace planant au-dessus de nos têtes. Il reproduit donc quelques-uns de ces astéroïdes, dans Présages, présentant leur face éclairée, tout en reliefs et contrastes.

Sur les murs de la galerie, les toiles de grand format (244 cm x 183 cm) découpent l'espace, dirigent l'oeil comme un champ gravitationnel pour mettre le regard en orbite autour de leur sujet suspendu dans le vide.

Du fond noir se détachent des formes étranges, aux blancs et teintes de gris texturés, dont on peut imaginer la troisième dimension comme si on les observait au téléscope (Phobos), ou qu'on dirait posées à plat sous un microscope (Ida). Ici, Mathilde semble prête à se détendre telle une murène passant à l'attaque; là, Lutetia, magnifique et poétique, évoque une oie blanche en pleine manoeuvre d'approche pour se poser.

De l'art, pas de la science

Trois des huit tableaux portent sa «signature», soit de discrètes bandes de couleurs ou un cercle rouge ou blanc tracé au pinceau, comme si l'artiste avait tenu à rappeler qu'il ne prétend pas peindre des études scientifiques, mais bien des oeuvres.

Une bande sonore, montée par Alain Larose, condense 24 heures en 24 minutes, marquant le passage du temps, le cycle tumultueux d'une journée, par le biais des bruits d'un poulailler, de Big Ben sonnant l'heure ou de chants grégoriens.

Ce n'est peut-être pas autant un sentiment de danger imminent que de solitude infinie et de silence absolu que l'on ressent, au final, à se perdre aux confins des Présages de Jean-François Provost. Si cette impression ne correspond pas nécessairement à la volonté première de l'artiste, elle n'en rejoint pas moins son désir de commander une pause devant leur présence aussi mystérieuse qu'impressionnante.

Elle n'enlève surtout rien à la qualité d'une exposition qui laisse voir de nouvelles dimensions à la recherche plastique du Gatinois.

Pour y aller >

  • OÙ? Galerie Art-image
  • QUAND? Jusqu'au 21 décembre
  • RENSEIGNEMENTS: 819-243-2325 ; gatineau.ca/artimage/
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