La surprenante réussite du drapé

Meaning is Revealed in the folds of Being... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Meaning is Revealed in the folds of Being II, de l'Allemande Eugenia Gortchavika; et Plis anticlinaux, du Gatinois Raymond Aubin.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Nichée dans le quartier Vanier, la galerie Voix Visuelle ne paie pas de mine. On y accède par une cage d'escalier austère, qui mène au studio du Centre. Un espace unique abrite la salle d'exposition et les bureaux administratifs. Au pied de la porte, deux paires de chaussons attendent le visiteur. Une nouveauté, cette année: un téléviseur à écran plat dernier cri détonne dans ce décor minimaliste d'images numériques aimantées au mur.

«La télévision permet de présenter la matrice des oeuvres», mentionne fièrement la maîtresse des lieux, Shanahla Bahrami avant d'actionner la télécommande pour faire défiler sur l'écran... les mêmes images exposées!

Mais de quelle matrice s'agit-il pour ces impressions réalisées à partir d'ordinateurs et de jets d'encre? Pour le béotien qui ne connaît pas grand-chose à cet art pixelisé, la technique de base consiste à transformer des dessins conçus sur palette graphique (comme Photoshop), à les retravailler à l'aide de filtres et autres outils numériques au gré de son inspiration pour aboutir, sur papier, à des explosions de couleurs et de formes. La matrice correspondrait à la version numérique de l'estampe; la faire défiler sur un écran n'apporte donc aucun supplément à la compréhension de l'image.

Jusqu'au 9 décembre, l'exposition propose au visiteur une sélection d'estampes numériques réalisées expressément pour cette neuvième édition. Son thème? La persistance du drapé.

«Si la question du drapé peut paraître ancienne et dépassée, cette considération est prise de front quand elle est envisagée du point de vue de l'estampe numérique qui nous met face au dilemme de la tradition et de la modernité, de l'ancien et du nouveau», présente François Chalifour, commissaire de cette édition 2014.

Longuement travaillées par informatique, ces estampes défendent une approche résolument moderne de l'image, sujettes à de multiples interprétations du thème imposé.

Le résultat présente ainsi une quarantaine d'images surprenantes produites par des artistes de tous horizons - dont 11 établis dans la région. Parmi les étrangers, le Japonais Kimichi Maki (est-ce un pseudonyme?) séduit le regard avec son Origami 2 et 1. Certains artistes comme l'Allemande Eugenia Gortchakova jouent avec l'illusion d'optique - le pli «surgit» de l'image quand on s'en éloigne de son The Folds of Being - tandis que d'autres privilégient une approche plus classique, à l'instar de l'Américain Thom O'Connor et de ses drapés lascifs.

Cette année, les deux premiers prix ont récompensé des artistes de la région: André Paquin et Raymond Aubin. 

Le premier, pour son intrigante coulée se drapant d'une troisième dimension en fonction de l'angle d'observation, le second pour ces estampes réalisées à partie de formations géologiques saisies dans Google Earth et transformées à l'ordinateur. Le troisième prix récompense le drapé de pixels d'Izabella Retkowska pour son Error [1841] plutôt réussie.

Cette exposition nous permet ainsi de mesurer l'infinie palette qu'offre la technique de l'estampe numérique. Les lignes s'y entrechoquent, s'incurvent, les couleurs se mêlent, se fondent, s'épanouissent. 

Les artistes façonnent alors une autre réalité, l'imaginaire s'éclate, il n'y a plus de limite. Ou peut-être celle imposée par un accrochage à l'avenant, qui ne rend pas justice au travail des artistes.

Pour y aller >

  • OÙ? Centre d'artistes Voix Visuelle
  • QUAND? Jusqu'au 9 décembre
  • RENSEIGNEMENTS: 613-748-6954 ; www.voixvisuelle.ca
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