Une expo qui fait pow! pow! pow!

Jack Bush, Chopsticks [Pièce musicale], 1977 © Succession Jack... (Courtoisie)

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Jack Bush, Chopsticks [Pièce musicale], 1977 © Succession Jack Bush/SODRAC (2014).

Courtoisie

«... créer une exposition qui fera pow! pow! pow!» rêvait Jack Bush dans son journal, le 18 mars 1965. Quelque 40 ans plus tard, et près de 30 ans après son décès survenu en 1977, la rétrospective que consacre le Musée des beaux-arts du Canada à ce dessinateur publicitaire canadien devenu l'un des plus grands peintres abstraits d'avant-garde, fait écho à cette volonté et scande: couleurs! couleurs! couleurs! dans chacune des salles d'exposition.

«Jack Bush demeure l'un des plus grands coloristes de tous les temps, que je situe pour ma part à côté de Claude Tousignant. Car si Tousignant créait de nouvelles couleurs, Bush, lui, créait des harmonies, des communautés de couleurs. Et il le faisait en constante expérimentation», clame Marc Mayer, le directeur général du MBAC et co-commissionnaire de l'exposition.

Des contours floutés des représentations lyriques des plate-bandes de son jardin à ses compositions aux lignes plus droites et symétriques («l'utilisation du ruban n'empêchera jamais Bush de laisser les bavures et autres imperfections paraître dans ses oeuvres»), de son utilisation des figures simples, planes, à celle des couleurs et fonds texturés, l'artiste «humanise la peinture abstraite», fait valoir M. Mayer.

Jack Bush (1909-1977) regroupe 130 objets, dont des tableaux grand format issus des incontournables séries Thrusts, Flags, Saches (l'effet «ceinture»), Fonds mouchetés, Totems, Strokes (incluant Chopsticks [Pièce musicale], sa dernière toile, encore épinglée dans son atelier et encore jamais montrée au public) ou encore Handkerchiefs.

La rétrospective présente aussi ses travaux des années 1950, «alors qu'il donnait plus dans l'illustration de l'abstraction, par déformation professionnelle, que dans l'abstraction pure, note Marc Mayer. Nous avons voulu montrer l'étendue de son travail, sans écarter ce qui pourrait paraître moins bon.»

Si la rétrospective fait évidemment la part belle à ses imposants tableaux abstraits, la salle regorgeant de ses oeuvres peintes à ses débuts (1929-1951) permet aux visiteurs de mieux cerner les influences de Bush (ses saisissants paysages rappelant le Groupe des Sept, par exemple) et ses états d'âme (qu'il représente notamment dans Garçon apeuré/effrayé et Enchevêtré, deux oeuvres révélatrices). Les trois portraits qui y sont présentés démontrent aussi clairement que l'homme maîtrisait plusieurs facettes de son art et qu'il a délibérément choisi l'abstraction pour s'exprimer.

Une autre petite salle donne l'occasion de pleinement comprendre la méticulosité et le travail de longue haleine de l'artiste, de ses débuts en tant qu'illustrateur commercial (entre autres d'affiches pour la bière Molson Ex), métier qu'il a exercé pendant 41 ans, aux nombreuses esquisses de ses toiles. «Il possédait des croquis de chacun de ses tableaux!»

Par ailleurs, Jack Bush met en relief les liens que le peintre a entretenu tout au long de sa vie avec son épouse Mabel, «sa première conseillère»; avec le psychotérapeute J. Allan Walters «qui lui a montré comment arriver à mener ses deux carrières de front»; et avec le critique américain Clement Greenberg, avec lequel il correspondra pendant une vingtaine d'années.

«Son histoire, c'est celle des relations humaines qui forgent les artistes, grâce aux encouragements, à la présence constante, à l'écoute et à l'ouverture à la discussion», conclut Marc Mayer.

vlessard@ledroit.com

POUR Y ALLER :

OÙ? Musée des beaux-arts du Canada

QUAND? Jusqu'au 22 février

RENSEIGNEMENTS? 613-990-1985; beaux-arts.ca

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