Scarabée d'art et d'argent

L'idée de marier art et entomologie ne date pas d'hier. Le Musée canadien de la... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Patrick Woodbury, LeDroit

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L'idée de marier art et entomologie ne date pas d'hier. Le Musée canadien de la nature s'en fait régulièrement le présentateur privilégié. Cette fois, c'est à l'Espace Pierre-Debain, secteur Aylmer, qu'a lieu l'étrange croisement. L'exposition Joaillerie et entomologie : la rencontre de deux univers nous permet de faire un voyage original, instructif et amusant dans le monde des insectes.

Dans la première partie, qui sert de vitrine à la joaillière Caroline Arbour, les visiteurs auront un aperçu de l'ingéniosité avec laquelle l'artiste gaspésienne établie à Amos, en Abitibi-Témiscamingue, façonne ses bijoux. Des scarabées en argent montés en broche ou sur des ras-du-cou surveillent de près des bagues ciselées en argent. Des perles de culture jaillissent ici et là. C'est élégant, artisanal, mais on cherche encore la petite bête qui justifierait la présence de Caroline Arbour à l'Espace Pierre-Debain. Et surtout, la présentation du travail de l'entomologiste Georges Brossard qui lui aurait inspiré cette série sur les insectes.

Le voilà donc, dans la deuxième salle, ce zoo singulier suggéré dans le titre de l'exposition. Joaillerie et entomologie : la rencontre de deux univers a le charme des assemblages hétéroclites où l'on ne sait trop par quel présentoir commencer : on y circule comme dans un cabinet de curiosités, illusion qu'entretiennent les animaux aux morphologies extravagantes.

Le scarabée y règne en maître. Ses représentations sont sinon plus nombreuses, du moins les plus visibles. Avec ses couleurs de verts irisés, sa texture mate et brillante, tantôt douce ou rugueuse, ce coléoptère attire naturellement l'oeil.

Le concept de l'exposition est simple. Georges Brossard a sélectionné une dizaine d'insectes qui l'ont le plus impressionné dans sa carrière d'entomologiste. Caroline Arbour a ensuite laissé libre cours à son imagination dans la sculpture de chaque spécimen. En argent le plus souvent, mais aussi en cuivre, pierres et perles, ses bêtes n'ont conservé que l'élégance parfaite de l'échantillon dont elles s'inspirent.

Chaque création est présentée à côté du modèle original, lequel est encadré et étiqueté comme il se doit. Cette configuration invite immanquablement à la comparaison.

Ici, la mauvaise réputation des insectes prend le rêveur dans ses filets. Force est de constater que Caroline Arbour ne transpose que le meilleur de ces cadavres de coléoptères épinglés.

Leurs ailes momifiées se transforment en pièces d'horlogerie dentelées, leur carapace en bois exotique fait illusion. L'art de la joaillière fait des merveilles, aussi bien dans l'effet de mimétisme que dans l'exagération de certains traits anatomiques des insectes. Ainsi ce cathocanta incarnatus dont on distingue la forme d'une figure humaine sur la carapace. « On dirait qu'il a été créé par une tribu africaine », écrit-elle dans la légende du spécimen. Ni une, ni deux, l'artiste décide d'augmenter le volume du masque dorsal pour accentuer l'effet d'optique.

Mais à la longue, en dépit des réussites formelles, parcourir cette galerie animalière s'avère un peu rébarbatif. Aussi est-ce avec un sentiment de reconnaissance, et presque de soulagement, que l'on découvre la pièce la plus étrange de l'exposition : deux coléoptères copulant ! L'image valait bien une sculpture de pierres précieuses et semi-précieuses, immortalisée une deuxième fois par une photographie grand format...

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