Potins mis en scène

Arlecchino, qui ne se lave pas, sent si mauvais que ses collègues s'en... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Patrick Woodbury, LeDroit

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Arlecchino, qui ne se lave pas, sent si mauvais que ses collègues s'en plaignent sur le plateau de son nouveau film. Le mariage fait peur à Gioppino et Angelica. Il Capitano, lui, envisage de poser nu. A priori, ces rumeurs et autres potins font sourire, d'autant qu'ils sont joyeusement - et soigneusement - mis en scène dans 35 castelets conçus à la main par Michèle Provost. Et réunis dans le cadre de l'exposition Model lives, présentée à la galerie de l'École d'art d'Ottawa du Centre des arts Shenkman.

Aussi bien l'avouer, que l'on soit amateur de magazines à ragots ou non, on ne peut s'empêcher de chercher à savoir qui se cache derrière les divers personnages de la commedia dell'arte utilisés par l'artiste visuelle pour illustrer son propos. Michèle Provost a prévu le coup : le visiteur peut ainsi consulter une liste des stars associés à ses Isabella, Arlecchino, Ragonda et autres Capitano (derrière lequel se cache nul autre que Kanye West, sachez-le), histoire de satisfaire sa curiosité.

Voilà d'ailleurs toute la finesse de la démarche de la créatrice, qui extrait les noms des personnalités mises en cause pour les remplacer par des prénoms anonymes afin de remettre en question l'intérêt réel de telles manchettes.

De par son approche ludique, Michèle Provost nous renvoie inévitablement à notre propre rapport avec ces « nouvelles » rapportées à grand renfort de couleurs criardes et de phrases choc (et souvent ô combien banales) en couverture des magazines.

Rien, chez l'artiste visuelle, n'est gratuit. Si elle a choisi les personnages de la commedia dell'arte pour incarner les « vedettes » de ses saynètes, c'est justement parce qu'Arlequin, Colombine, Pantalone et consorts s'avèrent non seulement des stéréotypes bien précis, mais représentent aussi un mode de critique sociale à leur manière.

Elle marie aussi anglais, français et italien dans ses reproductions brodées d'une dizaine de couvertures de Allo Vedettes, Daily Mirror, Voici et In Touch dans lesquelles seules les photos ont été « retouchées » par Michèle Provost pour intégrer ses personnages en lieu et place des personnalités visées.

Seul bémol, dans cette exposition autrement fort pertinente : la vidéo de quatre minutes, projetée en boucle, au fond de la salle, dans laquelle de faux comédiens se prêtent au jeu des apparences, sur fond d'extraits de l'émission Entertainment Tonight. On y note certes les flous, ralentis et autres gros plans qui sont autant de trucages visuels visant à faire dire ce que l'on veut aux images captées par les paparazzis. Mais le résultat, qui n'est pas véritablement mis en contexte, paraît plus étourdissant que signifiant.

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