Une valse entre l'argile et le cuivre

Détail d'une des oeuvres de Sayward Johnson et... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Détail d'une des oeuvres de Sayward Johnson et cliché des «maisons de l'âme» de Laura Sheppard.

Patrick Woodbury, LeDroit

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L'argile et le cuivre. Le premier comme source de réconfort. Le second comme matériau à tisser. Sur les murs et présentoirs de La Fab, à Chelsea, les jolies maisons de Laura Sheppard pourraient bien cacher quelques secrets. À leurs côtés, les tableaux et formes organiques tissés par Sayward Johnson leur font écho, parfois tout en délicatesse, parfois en faisant montre d'un réflexe d'auto-protection.

A priori, les univers des deux artistes de Gatineau paraissent aux antipodes. À y regarder de plus près, on finit toutefois par percevoir un dialogue entre les démarches de Laura Sheppard et de Sayward Johnson.

Toutes deux ont choisi des matériaux communs, d'utilisation essentiellement plus pragmatique qu'artistique, pour exprimer leurs sensibilités.

L'une et l'autre travaillent ces matières premières à la fois avec un réel souci esthétique et avec une volonté d'intriguer, de toucher le spectateur.

Établie dans le secteur Aylmer, Laura Sheppard a longtemps fait dans l'utilitaire: assiettes, tasses, bols, boutons, etc.

«Je me suis un jour demandé si un pot, un vase ou un autre objet créé dans l'argile pouvait devenir le récipient d'un souvenir ou d'une émotion», raconte-t-elle.

C'est à ce moment que la potière a eu l'idée de ces petites maisons qu'il est possible d'accrocher au mur ou de déposer sur un meuble.

Au dos des premières, Mme Sheppard a creusé une petite alcôve secrète, où il devient possible de déposer une plume, un bijou, voire un petit mot reçu de quelqu'un de cher.

Sous le toit des secondes, il est également possible de cacher un souvenir.

«Je les appelle mes "maisons de l'âme" (Soul Houses)», explique Laura Sheppard dans un sourire.

Quand on lui mentionne que ses petites maisons pourraient bien devenir un genre de boîte aux lettres entre un parent et son enfant, par exemple, elle sourit encore plus largement.

«J'aime beaucoup cette idée qu'on puisse en faire un lieu d'échange de mots d'amour ou de petites attentions!» lance-t-elle.

De leur côté, les oeuvres aux patines irisées de Sayward Johnson (dont on avait eu un premier aperçu en janvier dernier au Centre des arts Shenkman) séduisent de nouveau dès le premier coup d'oeil.

Les neuf petits formats aussi texturés que réfléchis de sa série intitulée Mécanisme de défense laissent pointer, à travers ses broderies cuivrées, quelques clous ici, des vis là.

En face, s'étendent de saisissantes cartes mystérieuses, abstraites. Cartes du coeur ou de l'esprit, où crêtes et sillons délimitent l'espace; où des continents semblent dériver dans un camaïeu de vers, de bruns et de bleus; où une touche de rouge peut renvoyer à une blessure ou évoquer un élan de passion.

«Ce sont des cartes d'un monde émotif, intime, que les gens peuvent lire et interpréter en fonction de leur propre parcours», souligne Mme Johnson.

Ses pièces soufflent par la patience qu'elles exigent. La principale intéressée rétorque que tisser et broder avec du fil de cuivre ne lui réclame «que 25% plus de temps que de le faire avec des fibres textiles».

«J'aime cette idée qu'à partir d'une tradition artisanale ancestrale, je crée quelque chose de nullement fonctionnel, et dont je ne maîtrise pas entièrement le résultat, étant donné le processus de patinage du cuivre», conclut l'artiste de Chelsea.

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