Nature tourmentée selon Manon Labrosse

Manon Labrosse peint des paysages d'une mystérieuse mélancolie. Sa passion pour... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Patrick Woodbury, LeDroit

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Manon Labrosse peint des paysages d'une mystérieuse mélancolie. Sa passion pour la peinture, elle l'a découverte lorsqu'elle vivait à Hearst, dans le nord de l'Ontario, là où toute activité est indissociable de l'industrie forestière. Ses tableaux de grande envergure, parfois circulaires, reflètent une nature tourmentée, qui cache violence et terreur.

Mais elle foisonne, cette nature, tant par le trait, le geste, les couleurs, que par cet entrelacs de matières aqueuses, terreuses, d'arbres coupés ou de plans d'eau. Un monde en mouvement dans lequel la forme se fraie un chemin, sans jamais vraiment s'affirmer.

L'exposition présentée à l'Espace Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau jusqu'en janvier 2015 s'intitule À la recherche du paysage, un double sens pour les tableaux présentés.

On est d'abord frappé par la monumentalité des toiles, mais aussi par une nature représentée dans son chaos. Manon Labrosse dit rompre avec son travail précédent, essentiellement composé de monochromes.

« J'ai beaucoup observé le Groupe des Sept et son utilisation des couleurs, mais aussi le peintre britannique Peter Doig. Je voulais travailler la couleur comme lui. »

Les tons chatoyants employés ici tranchent avec ses séries précédentes qui ont longtemps exprimé austérité et nostalgie.

S'il n'y a aucune figure reconnaissable dans les oeuvres de l'exposition, la tectonique des couches (rouge, orange, noir, vert) donne une impression d'humidité, de stigmate vivant. Cette série pensée en fonction de l'Espace Odyssée a été effectuée à partir de vues aériennes de panoramas canadiens. Elle exploite de manière abstraite l'un des éléments constitutifs du travail de l'artiste : le billot de bois.

Derrière la couleur triomphante, Manon Labrosse peint des paysages mentaux, univers où elle introduit le trouble, le mystère et le souvenir.

« Nous avions une ferme familiale à Hearst, où mon père aimait planter des arbres, se remémore l'artiste. Quand la propriété a été vendue, tous les arbres ont été coupés et vendus. Ne restaient que des piles de bois coupés, dans la brume. Trente ans de travail envolés en fumée. »

Lequel refait surface, le temps d'une exposition, sur sa palette.

Il faut s'attarder à cette installation en s'approchant, puis en reculant des toiles. Leur composition a été travaillée dans l'épaisseur de plusieurs lavis légèrement de biais, dans un sens, puis dans l'autre, entourant les billots. Ce sont ces contrastes entre formes et couleurs, cette diffusion des lueurs, que semble chercher l'artiste.

« Je voulais que ce soit éclatant, que ces paysages fassent impression sur les spectateurs », dit-elle sans détour.

Il faut venir se perdre pour se laisser surprendre par la présence sensible de la matière, qui occupe progressivement l'espace pour envelopper le spectateur et surgir du mur tout à la fois.

L'artiste diplômée en Arts visuels de l'Université d'Ottawa est représentée par la galerie St-Laurent + Hill.

POUR Y ALLER

OÙ ? Espace Odyssée, Maison de la culture

QUAND ? Jusqu'au 25 janvier

RENSEIGNEMENTS ? manon-labrosse.com

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