S'immerger et s'écrier par la création

Les Ti Neufs, d'Anna Jane McIntrye.... (Étienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Les Ti Neufs, d'Anna Jane McIntrye.

Étienne Ranger, LeDroit

Partager

Des femmes. Qui s'inscrivent par leur art, leurs visions et leur médium dans une volonté de créer, de faire réfléchir, de rendre compte et hommage.

Émergence!

Sept femmes, appartenant à la relève, sont donc allées voir Dans la tête de Louise Bourgeois, pour la 14e édition d'Émergence! de la galerie Art-Image.

Pour la coordonnatrice des espaces d'exposition de la Maison de la culture de Gatineau, Marie Hélène Giguère, il fallait «souligner le départ de cette grande dame, idole de plusieurs artistes, mais qui, si nous n'avions pas Maman [l'impressionnante araignée du Musée des beaux-arts] dans la région, ne serait pas connue des gens».

Sabrina Lafontaine (par une projection référant à la femme-maison) et Vovanne (par une sculpture des plus organiques) renouent ainsi avec l'une des nombreuses facettes de l'imaginaire créatif de Louise Bourgeois, décédée en 2010.

Catherine Baril explore la dualité féminin-masculin, un thème cher à Bourgeois, en plus de faire un clin d'oeil à sa valorisation du travail de l'artisan dans des sculptures d'outils brodés.

Adriana Guttieréz Mejia évoque son patrimoine familial tissé autour de la restauration de tapisseries anciennes, notamment, ainsi que de son obsession pour la mort et son intérêt pour les araignées.

Anna Jane McIntyre propose des maisonnettes-marionnettes plus ludiques, faisant écho au travail en série de Bourgeois et à sa passion pour la géométrie.

Nadia Nadège transpose ses propres petits personnages dans l'univers de la mère de Maman. Jouant avec la laine d'acier, les clous, les attaches de plastique (tie wraps), elle a créé une saisissante série de «prisonniers» dans des cellules rappelant les peurs qui empêchent tantôt la rencontre, tantôt le mouvement.

Valérie Mercier a littéralement plongé Dans la tête de Louise Bourgeois, par une délicate photo où ses mains sont à l'avant-plan, et son visage, flou. Une manière de représenter le travail manuel de l'artisane, et de témoigner de la solitude de la créatrice.

Cri de l'esprit

L'oeuvre viscérale de Batya Cavens résonne presque sauvagement. Dans un Cri de l'esprit qui fait écho à un cri du coeur.

Dans ses collages, les images kitsch (un Hello Kitty ici, des brillants là) et les références sociales (voitures, photos de vedettes) côtoient ses coups de pinceaux énergiques. Présenté sur bois ou bouts de carton, le résultat se rapproche du graffiti, avec ses couleurs vives, vibrantes, ses associations d'idées qui, pour spontanées qu'elles peuvent sembler, s'avèrent sans contredit réfléchies, et son côté trash assumé.

On sent, chez la Gatinoise d'adoption et Israélienne d'origine, un désir d'exprimer sa vision du monde, à travers une quinzaine de visages aux regards décillés, qui réclament du spectateur qu'il prenne le temps d'en décrypter tantôt la colère, tantôt l'humour, tantôt la détresse, tantôt l'espoir. Qu'elle dénonce la surconsommation ou évoque le mal-être le plus intime.

L'ensemble s'avère aussi troublant que poignant de vérité brute, crue, sans fard.

POUR Y ALLER QUOI? Émergence! Dans la tête de Louise Bourgeois

OÙ?Galerie Art-Image

QUAND? Jusqu'au 16décembre

QUOI? Cri de l'esprit

OÙ? Espace Odyssée

QUAND? Jusqu'au 24février

RENSEIGNEMENTS? 819-243-2325

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer