Les Canadiens ont vu dans ce conflit opposant troupes britanniques et américaines une sorte d'acte fondateur du Canada. C'est du moins ce que martèle depuis des mois le gouvernement conservateur, qui a fait du bicentenaire de la guerre de 1812 l'un des points centraux de ses activités publiques cette année.
L'exposition, plus nuancée, souligne qu'une succession de tentatives d'invasion a été repoussée avec succès, aux frontières entre l'Amérique du Nord britannique d'alors et les États-Unis.
Les Américains ont quant à eux perçu ce conflit comme une seconde guerre d'indépendance, souligne Peter MacLeod, conservateur de l'exposition «Une guerre, quatre perspectives», présentée à partir d'aujourd'hui au grand public.
«Pour les Britanniques, c'était une agaçante diversion aux guerres napoléoniennes, qui ravagent alors l'Europe», souligne-t-il.
Les Autochtones, en se rangeant du côté des troupes britanniques, avaient espoir de conserver leurs libertés et leurs terres. «Ça s'est très mal terminé pour eux», souligne M.?MacLeod, un historien spécialisé dans l'histoire canadienne d'avant la Confédération.
Séparée en quatre sections distinctes, l'expo donne un rôle de premier plan aux objets d'époques, capturés par les uns, ou saccagés par les autres.
Près de 130 artefacts
Quelque 130 artefacts viennent s'ajouter aux nombreux panneaux explicatifs et extraits vidéos. Ces objets proviennent autant du musée ottavien que du British Museum, du Smithsonian, du Metropolitan Museum of Art de New York et de la Bibliothèque du Congrès américain.
C'est ainsi qu'on peut découvrir pour la première fois à Ottawa un bout de bois brûlé provenant d'une charpente de la Maison-Blanche, incendiée par les troupes britanniques pendant le conflit.
On retrouve également de nombreux objets traditionnels autochtones, des habits d'époques et un immense lion doré, symbole de la toute-puissance de l'Empire britannique, pris par les Américains au plus fort du conflit.
Alors que les célébrations de la guerre de 1812 se font plutôt discrètes aux États-Unis et en Grande-Bretagne, le ministre du Patrimoine James Moore a estimé qu'il importait de célébrer en grand cette période. Il a soutenu que son ministère n'avait joué aucun rôle dans la préparation de l'exposition.
«C'est important de comprendre de notre histoire», a souligné hier le ministre du Patrimoine James Moore.