« Il chante tellement bien ! Il est naturel, simple, humain. Il dégage beaucoup sur scène », a soupiré Henriette Trudel, une fidèle admiratrice et voisine beauceronne du chanteur. Son amie Francine acquiesce à « simplicité ». Nul doute que nos deux interviewées passeront une excellente soirée, tout comme Cécile Leblanc, mère choyée par sa fille qui lui a offert, en cadeau de Noël, une place au concert. Leur avis est unanime sur les qualités du chanteur : « sa voix ! », partagent-elles du même souffle. C'est décidé. Ce sont donc les qualités vocales et l'art difficile de faire simple qui mériteront une attention particulière lors de la soirée.
Lever de rideau, le second critère tombe déjà à l'eau. Il faut dire que le jeu de lumières spectaculaire déployé à l'entrée du jeune chanteur, de faisceaux zébrant la scène et d'étoiles en 3D fait son effet. Il en sera ainsi tout au long de la soirée, l'apogée restant une projection de Ginette Reno... sur le t-shirt du chanteur. La simplicité ne sera visiblement pas du côté de la scénographie.
Maxime Landry manie si bien l'art de mener un spectacle, taquin avec son public, complice aux côtés de ses cinq musiciens, qu'il faudrait se pincer pour croire qu'il n'a que 24 ans.
À la guitare, il débute par une interprétation honnête du Veilleur, fait chanter le public à l'unisson et remporte facilement la mise dans la salle. Sans elle, assure-t-il, il ne serait rien. Mais cette chanson, on la connaît déjà.
Puis, il enchaîne en rendant hommage à sa complice Lynda Lemay avec Je suis resté, de son dernier album L'avenir entre nous, revisite au piano Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve, un joyau écrit et composé par Serge Gainsbourg en 1983, reprend joliment Les amours filantes, en duo avec sa guitariste Amélie Veille, et entonne une version dépouillée de Cache-cache, avec un violoncelle éclairé, malheureusement sans violoncelliste. Ovation.
Son visage poupin séduit, sa bonhomie aussi. On lui donnerait le bon Dieu sans confession à l'issue des deux heures bien remplies de concert. L'interprétation, en revanche, flanche parfois du côté du formatage télévisuel et la voix aussi. Les divorcés, les coeurs brisés, les grands malades, les mères incomprises, les enfants rejetés, tous auront droit à leur petite chanson, tous à la queue leu leu. Racoleur ? On le murmure...
Son pot-pourri baptisé « ado anachronique » vient secouer le tout, mélangeant des extraits de succès de Green Day, de Claude François, de Michel Sardou, d'Alain Chamfort, de Mireille Mathieu, etc. Idem pour la version francisée et très réussie de Sound of Silence de Simon et Garfunkel, ou encore les interprétations plus country et enlevées, inspirées de sa Beauce natale.
Madame Trudel repartira ravie.
POUR Y ALLER
OÙ ? Maison de la culture de Gatineau
QUAND ? Ce soir, 20 h
RENSEIGNEMENTS ? 819-243-2525, www.maisondelaculture.ca