La fibre contagieuse à Saint-André-Avellin

À Twist, l'amour est dans la laine.... (courtoisie)

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À Twist, l'amour est dans la laine.

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L'amour, d'habitude, est dans l'air. Parfois, on le trouve dans le pré. À Twist, l'amour est dans la laine.

Ou plutôt, dans la fibre, qu'elle soit de chanvre ou de soie, de lin ou de cachemire, ou même... de banane, apprendra-on au fil de notre conversation avec Amélie Blanchard, présidente et fondatrice du festival Twist, qui mettra de la couleur à Saint-André-Avellin durant toute la fin de semaine.

Tricoteuses, fileuses et tisserandes (le féminin, ici, l'emporte statistiquement), amateurs d'arts textiles, collectionneurs d'aiguilles de toute taille, et puis tous ceux et celles qui tissent avec les doigts (la technique ancestrale pour fabriquer les ceintures fléchées, éclaire Mme Blanchard), ont de fortes chances de se croiser au Complexe Whissell jusqu'à dimanche. 

Excitation contagieuse

Là, ils pourront échanger autour de leur passion et de leur savoir-faire, tout en déambulant parmi les étals des artisans, fabricants de rouets, de métiers à tisser ou de tricotins, ou encore ceux des vendeurs de mohair, des éleveurs d'angora ou producteurs de lait de brebis.

Ces amateurs forment une communauté à la fois «tricotée serrée», mais conviviale et très ouverte. «Quand on travaille la fibre, on est souvent seul, chez soi. Alors, quand on peut se rencontrer, l'excitation est palpable. Et c'est contagieux», assure-t-elle.

Amélie Blanchard - une productrice montréalaise qui a longtemps oeuvré dans le milieu de la télévision et du documentaire - l'avoue candidement : elle n'est «pas une spécialiste du textile ». Elle est plutôt «tombée dedans» en 2008, lorsqu'elle a quitté la grande ville pour venir élever des chèvres dans la Petite-Nation. Quelques-unes, d'abord pour le lait. Puis pour le poil, dont elle extrait le luxueux duvet: le cachemire. Artisanalement. En brossant à la main ses 75 bêtes, parce qu'il n'y a pas d'autre façon. Sa ferme, La chèvre d'oeuvre, produit 10 kg de cachemire par an. 

Le plus gros au Canada

Certes, en fondant le «festival de la fibre», elle «rêvait à quelque chose de gros», mais elle ne se doutait absolument pas de la popularité qu'allait connaître son festival au fil des ans. Twist, qui se pique de «détricoter l'ordinaire», ne cesse de grossir. 

Avec ses 120 artisans - dont plusieurs ont dû traverser les frontières - et ses 23 000 visiteurs attendus pour cette sixième édition, Twist est désormais «le plus gros festival d'arts textiles au Canada», se réjouit-elle, au téléphone.

Quiconque  vient à Twist simplement pour satisfaire sa curiosité y retourne par la suite avec enthousiasme, assure la productrice.

Signe manifeste de cette croissance: le festival se décline cette année en trois chapiteaux extérieurs, en plus d'occuper tout le Complexe Whissell. L'an dernier, il s'était donné là une trentaine d'ateliers créatifs ; il y en a cinquante au programme, cette année. 

Il a même fallu réquisitionner un terrain de baseball pour accueillir des démonstrations canines - qui constituent l'une des nouveautés de cette sixième édition. Le rapport avec la laine ? Quel est le meilleur ami du berger, sinon le colley ?

En s'intéressant à la laine, elle a soudain «découvert tout un monde. Ultramoderne et pas du tout quétaine», assure-t-elle. «L'époque des hiboux et du macramé, comme dans les années 70, c'est fini ! Bon, il y en a encore un peu, mais c'est cette image-là qu'on veut changer», assure-t-elle. Et de mentionner la présence de quatre podcasteurs (deux en français, deux en anglais) qui enregistreront sur place leurs baladodiffusions.

À la mode

Le festival Twist est non seulement moderne: il est dans le vent, assure-t-elle. Car en 2017, «tout ce qui est fait main, le do it yourself, c'est très à la mode»

L'important, pour être tendance, c'est que la fibre soit animale ou végétale. «Les gens veulent des fils naturels, plutôt que des fibres acryliques», note-t-elle. 

En cette ère où les sources de  stress se multiplient, tricoter demeure «une activité super zen» qui fait de plus en plus d'adeptes, soutient-elle. «C'est aussi très bon pour travailler avec nos mains.»

L'entrée est gratuite pour les enfants de moins de 12 ans. 

Des activités cousues main pour le jeune public, ainsi qu'une dizaine d'ateliers ciblés pour leurs petites mains, émaillent d'ailleurs la programmation de Twist.

Pour y aller :

Où : Complexe Whissell

Quand : Jusqu'au 20 août

Renseignements : festivaltwist.org




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