Les Jeux de la Francophonie, une première pour la Côte d'Ivoire

Le sculpteur Gabriel Morest représentera la région de... (Archives, Le Soleil)

Agrandir

Le sculpteur Gabriel Morest représentera la région de l'Outaouais aux 8es Jeux de la Francophonie, en Côte d'Ivoire.

Archives, Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse

(Abidjan) La Côte d'Ivoire, marquée par une décennie de crise politico-militaire, accueille à partir de vendredi, pour la première fois depuis la normalisation, un grand événement international, avec les 8es Jeux de la Francophonie qui réunissent 4000 athlètes et artistes de 53 pays. Le Canada, le Québec et le Nouveau-Brunswick y ont dépêché des délégations, alors que l'Ontario y sera à titre d'observatrice, cette année. La région de l'Outaouais y sera représentée par la basketteuse Catherine Traer (Chelsea), l'athlète en athlétisme Tania Bambi (Gatineau; 100m haies) et le sculpteur Gabriel Morest.

Programmés du 21 au 30 juillet, les Jeux combinent compétitions sportives et concours culturels.

«Nous attendons de ces Jeux un impact, politique, diplomatique et économique (...) c'est un clin d'oeil aux investisseurs», a confié à l'AFP Baba Coulibaly, directeur de la communication du ministre chargé des Jeux.

Ceux-ci visent, selon les organisateurs, à favoriser le développement économique et à «renforcer la cohésion nationale» de la Côte d'Ivoire où les tensions sont encore présentes. La principale puissance francophone d'Afrique de l'Ouest a retrouvé une forte croissance économique et une partie de son rayonnement depuis le retour à la paix civile en 2011.

Au menu de ces Jeux, organisés tous les quatre ans: athlétisme, handi-athlétisme, basket-ball féminin, football masculin, judo, lutte libre, lutte africaine, tennis de table et cyclisme sur route en démonstration.

Malgré le nombre important d'athlètes, les Jeux de la Francophonie peinent à se faire une place dans les calendriers internationaux de haut niveau, comme en témoigne l'athlétisme.

Si la sprinteuse ivoirienne Marie-Josée Ta-Lou (quatrième des 100m et 200m aux JO de Rio) est annoncée par la presse, les autres stars Murielle Ahouré (vice-championne du monde des 100 et 200 en 2013) ou Ben Youssef Meité, sixième du 100 m à Rio, devraient faire l'impasse pour mieux se concentrer sur les Mondiaux de Londres.

Sept disciplines artistiques sont proposées: arts de la rue (hip-hop, marionnettes géantes, jonglerie), arts visuels (peinture, installations et sculpture), chanson, conte, danse de création, littérature et photographie, mais aussi la «création numérique» et la «création écologique» pour le développement.

Ce grand rendez-vous international qui verra défiler de nombreuses personnalités politiques est l'occasion pour la capitale économique Abidjan de rénover ou construire d'importantes infrastructures.

Dans les derniers jours avant la cérémonie d'ouverture, les ouvriers s'affairaient sur les différents sites des Jeux pour terminer à temps les chantiers.

«C'est la course mais tout sera prêt», promet Thomas Gil, du Comité international des Jeux, qui assure que ces travaux sont un «legs pour le développement».

Le Palais des sports de Treichville, quartier populaire d'Abidjan, a été entièrement rénové et ripoliné de couleurs vives. Outre la grande salle polyvalente de 5000 places, modernisée, une nouvelle salle de 2500 places a été érigée.

Au Village des Jeux, des dizaines d'ouvriers s'activaient au milieu de tractopelles et de bétonnières sur les 17 hectares de l'Institut national de la Jeunesse et des Sports, dont les installations ont été agrandies et modernisées.

Trente-trois bâtiments de deux étages en préfabriqué ont été rapidement montés pour loger les 4000 participants.

Ceux-ci disposeront de terrains et de salles d'entraînement, d'une cantine de 1800 places, d'un «maquis» (bar-restaurant populaire) pour donner une touche ivoirienne, d'une plage privée sur la lagune et même d'une boîte de nuit aménagée dans la villa du directeur de l'Institut, momentanément évacué.

Si le budget d'organisation du Comité se monte à 11,5 millions d'euros (environ 16,6 millions $CAN), le gouvernement n'a pas souhaité dévoiler le coût des travaux d'infrastructures, à sa charge, nettement plus important.

Beaucoup critiquent déjà les investissements, émettant des doutes sur leur réalité ou leur impact. «La Francophonie, c'est joli mais à Abidjan y a plus d'argent», chantonnait mardi un démarcheur de rue.

Près de 10 000 militaires, gendarmes et policiers sont mobilisés pour la sécurité des Jeux, selon Baba Coulibaly, alors que plusieurs mutineries ont éclaté dernièrement dans l'armée et qu'un attentat jihadiste avait frappé la Côte d'Ivoire en 2016, faisant 19 morts.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer