Un Revers bien placé

Nicolas Desfossés incarne un mari éconduit et Andrée... (Courtoisie)

Agrandir

Nicolas Desfossés incarne un mari éconduit et Andrée Rainville, sa femme adultère... mais fortunée.

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Geneviève Turcot

Collaboration spéciale

Le Droit

CRITIQUE / Belle idée d'avoir opté pour un thriller policier afin d'animer les planches du Théâtre de l'Île pour la saison estivale. Bien ficelée, la pièce Le revers du crime de Frederick Knott oscille habillement entre rire et suspense.

D'abord, c'est la superbe scénographie de Ben Thibodeau, qui accroche le regard. Les boiseries foncées, les fauteuils en cuir, le mobilier massif transportent les spectateurs dans un appartement britannique cossu. Un des murs du salon est en fait un écran laissant entrevoir le vestibule menant à l'appartement, un espace qui joue un rôle essentiel dans cette intrigue.

Ancien joueur de tennis professionnel, Tony (Nicolas Desfossés) vit confortablement grâce à la fortune de son épouse Margot (Andrée Rainville). Cette dernière a eu une relation avec Max (Dave Jenniss), un auteur qui rêve d'écrire le crime parfait. Afin de maintenir son train de vie princier, Tony élabore un minutieux plan pour faire assassiner sa femme et ainsi touché la prime d'assurance-vie. 

Or, pas question pour Tony de se salir les mains. Il fait appel aux services d'un ancien collègue d'université, Black (Benjamin Gaillard), recyclé en criminel. Richard Bénard complète la distribution dans le rôle de l'inspecteur Ritchard, qui viendra jouer les trouble-fêtes.

À la mise en scène, Sylvie Dufour multiplie les clins d'oeil à l'univers des polars, soulignant ici et là les stéréotypes du genre. La musique inquiétante, les regards appuyés, les jeux d'ombres et de lumières, les spectateurs se retrouvent en terrain connu, voire cinémanesque par moment. Ces petits instants sont responsables de bien des rires.

Dans son rôle de mari éconduit, Nicolas Desfossés se démarque fortement. Il réussit à rendre charismatique son personnage, qui n'a pourtant rien de sympathique. Toute en nuances, son jeu contribue grandement à installer le suspense. Il trouve chez Benjamin Gaillard un complice de scène idéal. La paire offre une jolie joute verbale dans le premier acte, où les répliques sont échangées comme autant de balles de tennis lors d'un match serré.

Signe que le public adhère à la proposition, les spectateurs ont mis quelques secondes à réaliser que c'était l'entracte, quand les lumières se sont allumées lors de la représentation de mercredi soir.

Au retour de cette pause judicieusement placée, on sent qu'Andrée Rainville et Dave Jenniss sont plus à l'aise dans cette histoire de triangle amoureux sur fond de goûts de luxe.

Mention également aux magnifiques costumes de Mylène Ménard.

Version française de Dial M for Murder, Le revers du crime a aussi été portée au grand écran par Alfred Hitchcock en 1954 avec Ray Milland et Grace Kelly comme têtes d'affiche.

POUR Y ALLER :

Jusqu'au 26 août,

Théâtre de l'Île

819-243-8000 ; www.ovation.qc.ca




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer