Mavis Staples, soul comblée

Très attendue, Mavis Staples était programmée lundi soir... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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Très attendue, Mavis Staples était programmée lundi soir au Festival de jazz d'Ottawa où elle s'était déjà produite en 2013. Un concert exceptionnel donné devant une salle comble et comblée.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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CRITIQUE / Prenez une artiste hors du commun - Mavis Staples. Une carrière hors norme - plus de 60 ans à chanter tous azimuts. Un concert tellement couru que nombre de spectateurs n'ont pu avoir de sièges au théâtre du Centre national des arts.

À son dernier passage au Festival de jazz d'Ottawa, en 2013, elle avait laissé la salle abasourdie par autant de ferveur, de générosité et d'émotion. Mavis Staples, en concert, ça donne quoi ? Une soirée unique portée par des musiciens exceptionnels, et particulièrement réussie, lundi soir. La grande dame du gospel, cadette des soeurs Staples, a donné l'un des concerts les plus marquants d'Ottawa, bouleversée par les flots d'amour venus de la salle.  

Ovation dès son entrée sur scène, ovation réitérée à la dernière chanson I'll take you there. Pas de faux rappel : celle qui avait « déjà enlevé ses chaussures » en coulisses, est revenue daredare après 1h30 de concert, après que les applaudissements réussirent à éclipser les lumières rallumées.

Regard rieur, dodelinant ses rondeurs jusqu'au-devant de la scène, Mavis Staples, quand elle ne chante pas, apostrophe le public, le fait vrombir et frémir à sa guise, scander ce que bon lui semble. Avec freedom et love, en tête d'affiche évidemment. 

Sa voix résonne de vieilles blessures, de combats menés en famille dans le sillon de Martin Luther King. Au détour d'une Freedom Highway, elle rend hommage à son père disparu, Pop Staples, et nous rappelle avec émotion qu'elle a été « un témoin vivant, un soldat. » Voilà en musique une leçon de vie, de blues et de rhythm'n'blues avec une voix à donner des frissons. 

« Nous sommes ici pour vous apporter joie, bonheur, inspiration et vibrations positives ! », a-t-elle lancé avec un professionnalisme sans faille et une ferveur non feinte.

Mavis Staples n'a pas renoncé à ses habitudes : tout de noir vêtue, elle est simplement elle-même, se balance d'un pied sur l'autre, s'éponge le front, part dans un fou rire de jeune fille, échange quelques mots en nous apostrophant « y'all », mais chante avec ce timbre inimitable à fendre l'âme. Et quand elle frotte sa voix âpre aux solos instrumentaux de ses musiciens, on ne sait plus qui chevauche qui dans ce crescendo musical.

Debout tout le concert, une main s'accrochant parfois à son pied de micro, la septuagénaire n'est pas du genre à s'apitoyer sur son âge. C'est avec humour qu'elle reconnaît avoir des trous de mémoire mais n'oubliera pas pour autant son répertoire le plus marquant (Respect Yourself, One love). En 1h30 de concert, elle déroule une douzaine de chansons en nous prenant sous son aile, imaginant même nous recruter en tournée pour une chorale a cappella... Un peu plus haut, le paradis.




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