Dialogues réfléchis au Musée des beaux-arts du Canada

Reconfigurées au coût de 7,4 millions $, les nouvelles... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Reconfigurées au coût de 7,4 millions $, les nouvelles salles d'art canadien et autochtone du Musée des beaux-arts du Canada redéfinissent l'histoire de l'art au pays en créant des zones de dialogues entre hier et aujourd'hui.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Des créateurs des Premiers Peuples à ceux issus des vagues migratoires du siècle dernier, en passant par les artistes européens venus s'établir en Amérique du Nord au début de la colonie et leurs descendants peintres, sculpteurs, photographes ou vidéastes, l'art se réfléchit et se raconte dans de nouveaux espaces et face-à-face, au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC).

L'exposition permanente Art canadien et autochtone : des temps immémoriaux jusqu'en 1967 ouvrira officiellement le 15 juin prochain. Elle rassemble quelque 800 oeuvres allant des délicates sculptures en ivoire des Beothuks aujourd'hui disparus à l'installation métallique Blind de Michael Snow (1968), en passant par le somptueux Parement d'autel dit de l'Immaculée Conception brodée par la soeur ursuline Marie Lemaire des Anges, ou encore les tableaux de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté, David Milne et Daphne Odjig.

« À mes yeux, ce que nous avons réussi à mettre en place comme exposition ressemble beaucoup plus à notre pays, à qui nous sommes », explique Marc Mayer, le directeur général du Musée des beaux-arts du Canada, lors d'une première visite des lieux permise aux représentants des médias, mercredi.

Salles totalement revampées et repensées. Nouvelles vitrines d'une transparence permettant d'admirer encore mieux les détails des oeuvres qui y sont présentées. Nouvelle lumière, aussi, grâce à un éclairage reconfiguré et à des murs blancs. Tout a été conçu et considéré pour ouvrir des zones de dialogues francs, pertinents et nécessaires entre artistes d'hier et d'aujourd'hui.

« On essaie de raconter la vraie histoire de l'art du Canada, qui remonte à bien avant l'arrivée des premiers Européens. Cette histoire ne peut donc pas se relater si on sépare les Premiers Peuples de ceux qu'on qualifie de deux solitudes, par exemple », a fait valoir M. Mayer. 

Ici, la conservatrice principale de l'art canadien Katerina Atanassova a mis en scène un foisonnant « salon ». Un majestueux canot amérindien trône au centre de la salle, entouré des toiles aux influences résolument européennes et plus classiques d'Ozias Leduc, Emily Carr, Clarence Gagnon et autres Lawrin Harris et J.E.H. MacDonald faisant face à celles de Franz Johnston, Tom Thomson ainsi que des mêmes Harris et MacDonald, qui ont changé de palettes dès lors qu'ils ont fondé le Groupe des Sept.

« À l'instar de plusieurs, Harris et MacDonald se sont peu à peu affranchis de l'héritage européen pour développer leur propre langage pictural afin d'exprimer le territoire à leur manière », a expliqué Mme Atanassova.

Là, des sculptures inuites interagissent avec l'impressionnant Pavane de Jean-Paul Riopelle et d'autres tableaux d'automatistes canadiens d'origines diverses, dans une volonté d'offrir de nouvelles perspectives, d'établir un échange dans un nouvel espace-temps entre les oeuvres, et entre ces dernières et le public.

Deux comités consultatifs autochtones ont collaboré avec l'équipe de conservateurs du Musée pour mener à bien la refonte des salles d'art. De plus, 95 oeuvres d'art autochtone ont été empruntées, entre autres au Centre culturel de Kitigan Zibi Anishinabeg et au Musée canadien de l'histoire. 

Les travaux de réaménagement ont coûté 7,4 millions $, provenant entièrement du budget du MBAC.




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