Jean-Sébastien Bérubé: Bouder Bouddha

Jean-Sébastien Bérubé, devant une planche de sa BD... (Courtoisie)

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Jean-Sébastien Bérubé, devant une planche de sa BD Comment je ne suis pas devenu moine, publiée chez Futuropolis.

Courtoisie

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Le bédéiste Jean-Sébastien Bérubé profite de la Journée des librairies indépendantes, ce 3 juin, pour s'arrêter à la librairie Bouquinart d'Aylmer afin d'y dédicacer son plus récent roman graphique, Comment je ne suis pas devenu moine.

Dans ce roman graphique de 240 pages très rythmé, Jean-Sébastien Bérubé - un des premiers diplômés de l'École multidisciplinaire de l'image (ÉMI), à Gatineau -déroule le récit autobiographique de ses pérégrinations au Népal et au Tibet, où le jeune homme s'était rendu dans l'espoir de rencontrer quelques grands maîtres, et de devenir moine.

Comme l'indique le titre, l'aventure aura été pleine de désillusions, pour le jeune backpacker de 25 ans (en 2005), qui avait trouvé dans la pensée bouddhiste une alternative aux « valeurs occidentales » qui ne trouvaient pas grâce à ses yeux.

C'est donc une « quête initiatique ». Ou dés-initiatique, plutôt, qu'il met en scène. Car son voyage de deux mois en Asie lui aura fait réaliser qu'entre la philosophie de Bouddha telle qu'elle est dispensée dans les écrits du Dalaï Lama ou des grands maîtres rinpochés, et les dogmes religieux tels qu'ils sont appliqués sur le terrain, il y a un monde. Voire deux.

Si l'auteur prend soin de ne pas généraliser son expérience personnelle, son récit sert malgré tout d'avertissement non équivoque aux esprits fantasmeurs.

À Katmandou, où il était parti à la recherche d'« esprit  critique », il a principalement trouvé préjugés et superstitions. « J'ai souvent été abasourdi par les comportements un peu étranges », les points de vue « simplistes » et le sectarisme « de ces moines considérés très érudits, et considérés comme des sommités là-bas », relate le bédéiste. L'un d'entre eux, évoque-t-il avec incrédulité, a même voulu le soigner de son problème d'élocution en le soumettant à un rituel d'exorcisme censé chasser le mauvais esprit qui affligeait Jean-Sébastien Bérubé. 

L'auteur, à présent, se garde bien de se qualifier de bouddhiste. « J'ai appris à relativiser. » La pensée bouddhiste continue de piquer sa curiosité, mais, loin de sa fascination nourrie par la lecture des BD de Cosey ou du Lama Blanc de Jodorowsky, il s'inscrit plutôt dans l'existentialisme.

Comment je ne suis pas devenu moine est publié par Futuropolis, ce qui fait de Bérubé le tout premier bédéiste québécois repêché par l'éditeur français. Cette publication  en noir et blanc préfacée par son ex-professeur de l'ÉMI, Jean-Louis Tripp (Magasin général), connaît un succès grandissant en France, où elle a trouvé grâce au yeux de plusieurs médias influents. D'abord tirée à 2000 exemplaires, en mars, la BD vient tout juste d'être rééditée.

Librairie et galerie

La librairie Bouquinart, qui a ouvert ses portes le 24 mars dernier, a aussi la vocation d'être une galerie d'art. Elle présente depuis un mois des planches originales de Comment je ne suis pas devenu moine et d'autres bandes dessinées de M. Bérubé (dont la fascinante série sur le coureur des bois Pierre-Esprit Radisson), des illustrations signées Christian Quesnel et France Cormier, ainsi que des oeuvres d'art. L'exposition se termine ce dimanche.




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