Bob Dylan transmet in extremis son discours du Prix Nobel

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Bob Dylan avait refusé l'invitation à la traditionnelle cérémonie de Prix Nobel qui a eu lieu le 10 décembre - date anniversaire de la mort d'Alfred Nobel -, indiquant qu'il avait d'autres engagements à honorer.

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Agence France-Presse

(Stockholm) Bob Dylan, Nobel de littérature 2016, a transmis in extremis à l'Académie suédoise le traditionnel discours exigé pour recevoir l'argent du prix, plus de 8 million de couronnes (soit un peu plus de 1,2 million $ CAN), ont annoncé lundi les sages décernant la prestigieuse récompense.

«Le discours est extraordinaire et, comme l'on pouvait s'y attendre, éloquent. Le discours transmis, l'aventure Dylan s'approche de sa conclusion», a commenté la secrétaire perpétuelle de l'Académie suédoise, Sara Danius, sur son blog.

Dylan, alias Robert Allen Zimmerman, 75 ans, disposait de six mois à compter de la cérémonie de remise du Nobel qui se tient chaque année le 10 décembre à Stockholm à la mémoire d'Alfred Nobel, inventeur de la dynamite et créateurs des prix portant son nom.

«Quand j'ai reçu le prix Nobel de littérature, je me suis demandé quel était précisément le lien entre mes chansons et la littérature. Je voulais y réfléchir et découvrir la connexion. Je vais tenter ici d'exposer ces pensées», écrit dans ce discours l'auteur-compositeur qui cite successivement au nombre de ses inspirateurs Cervantès, Herman Melville ou encore William Shakespeare.

Bob Dylan -- qui foulera les planches du Centre Canadian Tire le 29 juin prochain -- n'avait pas participé à la cérémonie de décembre à l'hôtel de ville de Stockholm, et il avait fallu attendre avril, à l'occasion d'un concert dans la capitale suédoise, pour qu'il reçoive sa médaille et son diplôme. Le suspense restait depuis entier sur la remise de son discours ou «leçon» Nobel avant la date limite du 10 juin.

Les statuts Nobel font obligation aux lauréats du prix de Littérature d'honorer les académiciens suédois en donnant lecture d'un texte. Le récipiendaire a cependant le choix des armes: il peut chanter, danser, peindre, se rendre à Stockholm ou rester chez lui, envoyer un courrier, un enregistrement audio ou vidéo, etc.

Bob Dylan a fait parvenir un enregistrement audio de la lecture par lui-même de son discours publié sur le site de l'académie.

Comme les lauréats des prix de médecine, physique, chimie, économie et paix (décerné à Oslo), Bob Dylan recevra un chèque de 8 millions de couronnes.

Cinq «muses» du prix Nobel Bob Dylan

Dans son discours Nobel, Bob Dylan a évoqué les artistes et les oeuvres qui l'ont inspiré et constituent son panthéon poétique. En voici cinq:

Buddy Holly

«Si je devais revenir à la genèse de tout cela, j'imagine qu'il faudrait commencer par Buddy Holly. Buddy est mort quand j'avais environ 18 ans et lui 22. Quand je l'ai entendu pour la première fois, je me suis senti proche de lui. Nous étions comme parents, comme s'il était mon grand frère. J'ai même cru lui ressembler. Buddy jouait la musique que j'aimais, la musique avec laquelle j'ai grandi: la country des westerns, le rock'n'roll, le rhythm and blues».

Classiques

«J'avais des principes et des sensibilités, et une vision informée du monde. Je les avais depuis un moment. Appris à l'école primaire. Don Quichotte, Ivanhoé, Robinson Crusoé, les voyages de Gulliver, Le conte de deux cités, et tout le reste - des lectures classiques à l'école primaire qui formaient votre façon de voir le monde, vous apportaient une compréhension de la nature humaine et un étalon pour mesurer les choses. Je me suis servi de tout ça quand j'ai commencé à écrire des textes de chansons».

Moby Dick

«Moby Dick est un livre fascinant, un livre rempli de scènes de drame intense et de dialogues dramatiques (...). Tout est mélangé. Tous les mythes: la Bible judéo-chrétienne, les légendes britanniques, Saint Georges, Persée, Hercule - tous des chasseurs de baleine (...). Nous ne voyons que la surface des choses. Nous pouvons interpréter à loisir ce qu'il y a au-dessous».

À l'ouest rien de nouveau

«À l'ouest rien de nouveau est une histoire d'épouvante. C'est un livre qui vous faire perdre votre enfance, votre foi en un monde rationnel, votre empathie pour l'autre. Vous êtes pris au piège d'un cauchemar. Aspiré dans un tourbillon de mort et de douleur (...). J'ai reposé ce livre et l'ai refermé. Je ne voulais plus lire de roman sur la guerre et je n'en ai jamais lu d'autre».

L'Odyssée

«À maints égards ces événements vous sont arrivés à vous aussi. On a mis de la drogue dans votre verre de vin. Vous aussi, vous avez partagé le lit d'une femme qui n'était pas la vôtre. Vous aussi avez été séduit par des voix magiques, des voix douces aux étranges mélodies. Vous aussi avez fait tant de chemin et le vent vous a tant poussé à rebours».




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