The Weeknd, sans «e» mais avec elles

Depuis la sortie de son premier album, House of... (Courtoisie)

Agrandir

Depuis la sortie de son premier album, House of balloons, en 2011, le garçon de Scarborough s'est hissé au rang d'hyperstar du hip-hop.

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CRITIQUE / Sur son compte Instagram, la compagnie est plutôt jolie : à table avec Naomi Campbell, de biais avec Lana del Rey, au bras de Selena Gomez...L'auteur-compositeur-interprète Abel Tesfaye, plus connu sous son alias The Weeknd, a visiblement trouvé le bon créneau : un débit lent, une voix plaintive qui susurre son plaisir sans complexes, des rythmes lascifs à faire fondre un harem. Sa carrière se déroule sur un tapis rouge.

Depuis la sortie de son premier album, House of balloons, en 2011, le garçon de Scarborough s'est hissé au rang d'hyperstar du hip-hop. En début de semaine, il chantait «take off your clothes» dans le nouveau clip Lust For Life de Lana del Rey. Faut-il rappeler qu'il signait aussi la chanson-titre du (prétendument) sulfureux film Cinquante Nuances de Grey ? Il sera en concert le 28 mai, à 19h30 au Centre Canadian Tire.

Les persifleurs diront que le Canadien a tout piqué à Michael Jackson, sauf la coiffure. L'héritage musical avec le roi de la pop est flagrant sur ses premiers albums où il n'hésite pas à enterrer son double vivant dans la vidéo de la chanson Tell your friends. On ne lui en voudra pas, il revendique quand même son canadianisme en baragouinant, en français, un «je ne pleurerai pas» sur le titre Montreal (2011). 

Des clips lynchéens, des collaborations de marque; en six années d'ascension fulgurante, The Weeknd n'a pas chômé. Son troisième album studio, Starboy, sorti l'an dernier, multiplie les collaborations branchées (Daft Punk, Lana Del Rey, The Future ou encore Kendrick Lamar) et a reçu de nombreux prix, dont deux Grammy.   

La recette du succès ? Un hymne décomplexé à la vie, à l'hédonisme et à la fête. Les deux Français casqués de Daft Punk apportent une touche électro entêtante sur les simples Starboy et I Feel It Coming. Quant à Lana Del Rey, elle insuffle glamour céleste et fragilité émotionnelle sur le suffocant Stargirl Interlude. Avec le rappeur Kendrick Lamar, le rythme s'accélère pour une évocation partagée de la jeunesse sur fond de soul et d'autotune. Ailleurs, on croirait que The Weeknd continuer d'imiter sans vergogne Michael Jackson au point d'en reproduire les fameux soupirs suggestifs (True colors). 

Qu'importe ! L'artiste maintes fois primé excelle en concordances des sons. Il a fini par y dénicher le sien, qui irrigue l'ensemble de sa discographie. Ses productions sont crépusculaires, lentes et enfumées, portées par un flow étrange qui ne choisit jamais totalement entre rap et chant, haut perché et bidouillages électroniques. Entre puissance et retenue, sa musique forme la bande-son moderne d'un r'n'b des bas-fonds, sexuel et ouvertement drogué. Sur scène, cette alchimie peu avouable est quasi-assurée.

POUR Y ALLER

Quand ? 28 mai, 19 h 30

Où ? Centre Canadian Tire

Renseignements ? canadiantirecentre.com




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer